Deux membres des forces spéciales de la police haïtienne ont trouvé la mort et deux autres ont été grièvement blessés mardi soir lorsqu’un drone chargé d’explosifs a explosé accidentellement dans une base du SWAT près de Port-au-Prince, ont annoncé mercredi les autorités.
Depuis mars, une unité spéciale dirigée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a recours à des drones dits « kamikazes » afin de soutenir les opérations policières contre les gangs lourdement armés qui contrôlent la majeure partie de la capitale. Une société militaire privée, dirigée par Erik Prince, fondateur de Blackwater, participe également à ces missions de drones.
L’accident est survenu dans la commune de Kenscoff, en surplomb de Pétion-Ville, quartier stratégique qui abrite une partie du centre diplomatique de la capitale. « Un drone kamikaze, transporté par des habitants de bonne foi, a explosé sur place, tuant deux policiers et en blessant grièvement deux autres », a précisé le bureau du Premier ministre dans un communiqué.
Selon plusieurs sources citées par le Miami Herald, le nombre de blessés pourrait être plus élevé, jusqu’à six policiers touchés par l’explosion. Les autorités haïtiennes n’ont pas confirmé ce bilan.
L’appareil avait été récupéré par des habitants après que ses opérateurs avaient perdu le contact en raison du mauvais temps. Ces derniers l’ont remis à la police locale avant qu’il n’explose peu après.
La police nationale haïtienne a indiqué avoir ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’accident, dans un contexte de violences persistantes où l’usage de drones explosifs illustre l’ampleur de l’escalade sécuritaire dans le pays.