Deux responsables haïtiens ont affirmé vouloir poursuivre la destitution du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, malgré les mises en garde des États-Unis, qui estiment qu’une telle décision risquerait d’aggraver l’instabilité politique et sécuritaire du pays.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, le membre du Conseil présidentiel de transition Leslie Voltaire a rappelé que le Conseil avait nommé Alix Didier Fils-Aimé en novembre 2024 et qu’il lui revenait donc, selon lui, de décider d’un éventuel remplacement. Il a indiqué qu’un nouveau décret pourrait être pris pour nommer un Premier ministre, un gouvernement et une nouvelle présidence.
Le Conseil présidentiel de transition, mis en place en 2024 pour conduire le pays vers des élections, exerce actuellement le pouvoir exécutif en Haïti. Son mandat arrive à échéance le 7 février, sans qu’un plan clair de succession n’ait été arrêté. La tenue des élections a été plusieurs fois reportée en raison de la dégradation de la sécurité, marquée par l’influence croissante de gangs armés.
Les États-Unis se sont opposés publiquement à la destitution du Premier ministre. Le secrétaire d’État Marco Rubio s’est entretenu avec Alix Didier Fils-Aimé et a insisté sur la nécessité de maintenir ce dernier en fonction pour préserver la stabilité. Washington a également réaffirmé que le Conseil devait se dissoudre à la fin de son mandat, évoquant d’éventuelles sanctions contre des responsables politiques soupçonnés de corruption.
Selon plusieurs sources, cinq des neuf membres du Conseil auraient signé une résolution en faveur de la destitution du Premier ministre, mais celle-ci n’a pas encore été publiée au Journal officiel, condition indispensable pour qu’elle entre en vigueur. Alix Didier Fils-Aimé n’a pas réagi publiquement à cette initiative.
Des divisions profondes traversent le Conseil, dont le fonctionnement a été marqué par des luttes internes et des accusations de corruption. Certains membres estiment qu’une période de transition supplémentaire est nécessaire pour parvenir à un consensus politique, tandis que d’autres soutiennent un remplacement rapide du chef du gouvernement.
En parallèle, certains responsables haïtiens ont dénoncé les déclarations américaines, jugées attentatoires à la souveraineté nationale. De leur côté, des représentants américains sur place ont réaffirmé que le maintien du Premier ministre était essentiel pour poursuivre les efforts contre les gangs et éviter une nouvelle phase de chaos institutionnel.