Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a demandé à la France de fournir des documents historiques afin d’aider à résoudre un différend frontalier persistant avec la Thaïlande, qui a dégénéré à deux reprises en affrontements armés l’an dernier, a annoncé jeudi le ministère cambodgien des Affaires étrangères.
Selon ce dernier, Hun Manet a adressé une lettre au président français Emmanuel Macron pour solliciter l’accès à l’ensemble des documents historiques et techniques que Paris pourrait détenir concernant la délimitation de la frontière. Le chef du gouvernement cambodgien a également salué l’expertise et le soutien consultatif de la France dans ce dossier sensible.
La demande s’appuie sur le rôle historique de la France, ancienne puissance coloniale au Cambodge, dont les archives pourraient contenir des cartes et des relevés susceptibles d’éclairer les revendications territoriales actuelles. Phnom Penh estime que ces éléments pourraient contribuer à une résolution durable du différend.
Le contentieux frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande est ancien et a déjà provoqué des tensions diplomatiques et militaires par le passé. L’an dernier, des incidents armés ont ravivé les inquiétudes régionales, faisant craindre une escalade plus large entre les deux voisins d’Asie du Sud-Est.
En sollicitant l’appui de Paris, le Cambodge cherche à internationaliser prudemment le dossier et à s’appuyer sur une médiation fondée sur des preuves historiques, plutôt que sur un rapport de force bilatéral. Les autorités cambodgiennes soulignent leur attachement à une solution pacifique et conforme au droit international.
La France n’a pas encore réagi publiquement à cette requête. Si elle accepte de coopérer, son implication pourrait relancer les discussions et offrir une base documentaire commune pour des négociations entre Phnom Penh et Bangkok, dans une région où la stabilité des frontières demeure un enjeu politique et sécuritaire majeur.