Flotte fantôme russe : le commandant du pétrolier Tagor libéré, l’enquête se poursuit en France
Flotte fantôme russe : le commandant du pétrolier Tagor libéré, l’enquête se poursuit en France

Le commandant russe du Tagor, un pétrolier appartenant à la « flotte fantôme » utilisée pour contourner les sanctions visant les exportations pétrolières russes, a vu sa garde à vue levée mercredi soir, a annoncé le parquet de Brest. Cette décision ne marque toutefois pas la fin de l’affaire : les autorités françaises ont indiqué que les investigations se poursuivaient dans le cadre d’une procédure jugée particulièrement complexe. Le navire demeure pour sa part immobilisé en baie de Douarnenez, dans le Finistère, sur décision administrative.

L’enquête porte notamment sur des soupçons de défaut de pavillon et de refus d’obtempérer en mer. Le commandant, placé en garde à vue après l’arrivée du navire sur les côtes françaises, encourt jusqu’à un an d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. Des poursuites similaires pourraient également viser l’armateur du pétrolier. Le procureur de Brest a précisé qu’aucune autre information ne serait communiquée avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Un pétrolier soupçonné de contourner les sanctions occidentales

Le Tagor avait été intercepté à plus de 740 kilomètres des côtes bretonnes par la Marine nationale française. Les autorités soupçonnent le navire d’avoir navigué sous un faux pavillon camerounais. Déjà sanctionné par les États-Unis et l’Union européenne, le pétrolier aurait changé à plusieurs reprises d’immatriculation ces dernières années, utilisant successivement les pavillons de Madagascar, des îles Marshall ou encore du Panama afin de dissimuler ses activités.

Selon le parquet, le commandant aurait refusé de se soumettre à une inspection demandée par les militaires français dans le cadre des dispositions prévues par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Face à ce refus, les forces françaises ont pris le contrôle du bâtiment et l’ont contraint à rejoindre les eaux françaises. Le Tagor serait par ailleurs lié à l’homme d’affaires iranien Mohammad Hossein Shamkhani. Depuis septembre 2025, il s’agit du quatrième pétrolier appartenant à la flotte fantôme russe intercepté par la France dans le cadre de la lutte contre les contournements des sanctions internationales visant Moscou.

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