John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a été inculpé jeudi par un grand jury fédéral pour avoir illégalement stocké chez lui des documents top secret et partagé avec ses proches des notes contenant des informations classifiées. Cette affaire relance les tensions politiques sur l’usage de la justice dans les cercles proches et critiques de l’ex-président américain.
L’acte d’accusation, composé de 18 chefs, allègue que Bolton a conservé plus de 1 000 pages de notes « de type journal intime » sur ses activités gouvernementales, incluant des informations obtenues lors de réunions confidentielles, de briefings de renseignement et d’échanges avec des dirigeants étrangers. Il aurait partagé certains de ces documents avec sa femme et sa fille, bien que leur identité ne soit pas précisée dans les documents judiciaires.
L’affaire révèle également que des informations classifiées ont pu être compromises lors d’un piratage de sa messagerie par des agents présumés liés au régime iranien en 2021. Bolton avait signalé ce piratage au FBI, mais n’avait pas mentionné que des secrets d’État figuraient dans ces échanges.
Le procureur général Pam Bondi a affirmé que « personne n’est au-dessus des lois », soulignant que l’abus de pouvoir mettant en danger la sécurité nationale ne resterait pas impuni. Le ministère de la Justice indique que, contrairement à d’autres dossiers récents jugés plus politisés, celui-ci a été mené par des procureurs de carrière spécialisés en sécurité nationale.
Dans une déclaration offensive, Bolton a nié les accusations, affirmant être la cible d’une manœuvre politique orchestrée par Donald Trump pour faire taire ses opposants. Il accuse l’ancien président d’« instrumentaliser le ministère de la Justice » pour persécuter ses critiques tout en protégeant ses alliés. « Je deviens la dernière victime d’un appareil judiciaire utilisé pour régler des comptes politiques », a-t-il dénoncé.
Les accusations interviennent après des années de différend entre Bolton et Trump, qui l’a limogé en 2019. Bolton a ensuite publié en 2020 un livre explosif — The Room Where It Happened — critiquant sévèrement la politique étrangère de Trump et l’accusant notamment d’avoir conditionné une aide militaire à l’Ukraine à l’ouverture d’enquêtes contre Joe Biden.
Bolton, figure influente et controversée des cercles républicains néo-conservateurs, est désormais le troisième ancien haut responsable critique de Trump à faire l’objet de poursuites en l’espace d’un mois, alimentant les soupçons de règlement de comptes politiques à l’approche de l’élection présidentielle de 2026.