Dans l’est de la République démocratique du Congo, les équipes médicales peinent à contenir une nouvelle flambée d’Ebola dans des camps de déplacés surpeuplés, où la méfiance envers les autorités sanitaires complique fortement les efforts de traçage et de prévention. Dans le camp de Kpangba, des décès liés au virus ont été confirmés il y a environ deux semaines, déclenchant une réponse d’urgence.
Les agents de santé, appuyés par le ministère provincial de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé, ont tenté de retracer les contacts des personnes décédées afin de limiter la propagation du virus. Mais selon les responsables sanitaires locaux, ces équipes ont été confrontées à l’hostilité d’une partie de la population, allant jusqu’à être repoussées par des habitants qui contestent la réalité de l’épidémie.
Le médecin-chef de la zone sanitaire de Nizi, le Dr Jean-Claude Lonzama, a indiqué que les équipes ne sont actuellement plus en mesure de poursuivre efficacement le suivi des contacts. Cette rupture du dispositif de surveillance constitue un obstacle majeur dans une région où les infrastructures de santé sont déjà fragilisées par les conflits et les déplacements massifs de population.
Dans cette zone minière densément peuplée de Nizi, les autorités sanitaires estiment qu’environ 81 000 personnes vivent dans une vingtaine de sites de déplacés. Le camp de Kpangba, qui accueille près de 30 000 personnes ayant fui des violences intercommunautaires, est devenu un point critique de la réponse à l’épidémie.
Les conditions de vie dans ces camps favorisent la propagation du virus. Le manque d’accès à l’eau potable, la promiscuité et l’insuffisance des mesures d’hygiène rendent la situation particulièrement préoccupante, selon les équipes humanitaires présentes sur place. Malgré les campagnes de sensibilisation, les autorités reconnaissent que les mesures de prévention restent limitées.
La défiance de certains habitants s’explique aussi par des rumeurs et des incompréhensions autour de la maladie. Dans certaines communautés, l’épidémie est perçue comme une invention ou une exagération, ce qui complique davantage l’acceptation des mesures sanitaires, notamment l’isolement des cas suspects et le suivi des contacts.
Les organisations humanitaires et sanitaires alertent sur le risque d’une propagation rapide du virus si la situation ne s’améliore pas. Dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et le déplacement massif de populations, la maîtrise de l’épidémie dépend désormais autant de la réponse médicale que de la capacité à restaurer la confiance entre les communautés et les équipes de santé.
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