Détroit d’Ormuz : les armateurs restent prudents malgré l’accord entre Washington et Téhéran
Détroit d’Ormuz : les armateurs restent prudents malgré l’accord entre Washington et Téhéran

Les compagnies maritimes d’Asie et d’Europe demeurent prudentes quant à une reprise normale du trafic dans le détroit d’Ormuz, malgré l’accord de principe conclu entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit et rouvrir cette voie maritime stratégique.

Selon les informations communiquées par les deux parties, un mémorandum d’entente devrait être signé dans les prochains jours afin de mettre un terme à la guerre, lever le blocus américain des ports iraniens et permettre la réouverture du détroit. Cette perspective a entraîné une baisse d’environ 5 % des prix mondiaux du pétrole.

Toutefois, les acteurs du secteur maritime estiment qu’il faudra du temps avant un retour à la normale. Plusieurs compagnies attendent davantage de garanties sur la sécurité de la zone, notamment concernant le déminage du détroit.

« Les premières réactions du secteur maritime restent mesurées », a indiqué Haider Anjum, analyste chez Jyske Bank, soulignant qu’aucun afflux massif de navires vers Ormuz n’a été observé après l’annonce de l’accord.

Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, déclenché fin février, a fortement perturbé la navigation dans ce passage stratégique par lequel transitent environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

Lundi, un premier méthanier, le Disha, affrété par la société indienne Petronet LNG, a franchi le détroit en direction de l’Inde. Il s’agit pour l’instant du seul mouvement notable observé depuis l’annonce de l’accord.

L’association internationale des armateurs BIMCO considère toujours la traversée du détroit comme une opération à haut risque. Son responsable de la sécurité, Jakob Larsen, a déclaré que les propriétaires de navires devaient être assurés non seulement que le passage était autorisé, mais également qu’il était sûr.

Les armateurs japonais ont également salué l’accord tout en appelant à la prudence. Plusieurs groupes, dont Nippon Yusen et Mitsui O.S.K. Lines, ont indiqué qu’ils n’envisageraient une reprise complète des traversées qu’après confirmation de conditions de sécurité satisfaisantes.

En Europe, l’association allemande des armateurs s’est dite « prudemment optimiste », tandis que la compagnie Hapag-Lloyd espère pouvoir reprendre les traversées dès cette semaine.

Selon les données du cabinet Kpler, environ 155 pétroliers transportant du pétrole ou des produits chimiques se trouvaient encore dans la région du Golfe au 15 juin. Les spécialistes estiment qu’un retour complet aux niveaux de trafic d’avant-guerre pourrait nécessiter plusieurs mois.

Des experts du secteur soulignent que le déminage du détroit, la normalisation des primes d’assurance et la confiance des armateurs seront des étapes indispensables avant une reprise durable du commerce maritime dans la région. Selon certaines estimations, un retour aux volumes habituels pourrait ne pas intervenir avant 2027 si l’accord est pleinement respecté et que la stabilité régionale se maintient. (reuters.com)

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