Un tribunal de Hong Kong a indiqué qu’il entendrait 18 témoins dans l’affaire visant le capitaine d’un porte-conteneurs accusé d’avoir endommagé des infrastructures sous-marines en mer Baltique. L’affaire concerne Wan Wenguo, 43 ans, capitaine du navire immatriculé à Hong Kong Newnew Polar Bear.
Selon l’acte d’accusation consulté par Reuters, le capitaine est poursuivi pour « dommages criminels » après des dégâts causés, le 8 octobre 2023, à un gazoduc et à des câbles de télécommunications reliant la Finlande et l’Estonie. Les autorités estoniennes soupçonnent également des dommages sur des liaisons de télécommunications avec la Suède, avant que le navire ne touche le gazoduc Balticconnector.
Dix témoins doivent être appelés par l’accusation pour ce chef, parmi lesquels des membres d’équipage, des représentants de Hong Kong et deux experts maritimes. La peine maximale encourue est de deux ans d’emprisonnement. L’acte d’accusation évoque une conduite « imprudente » et l’absence « d’excuse légitime ».
Huit autres témoins seront entendus pour deux infractions distinctes liées à la sécurité maritime, notamment la disparition d’une ancre et le non-respect de certaines obligations du capitaine envers son équipage, au regard de la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer. L’audience a été ajournée au 11 février, date à laquelle le plaidoyer est attendu. Le capitaine, arrêté en mai dernier, reste en détention.
L’enquête, menée en coopération avec les autorités chinoises, a conclu que les dégâts avaient été causés par l’ancre du navire traînée sur le fond marin. Le coût de réparation du seul gazoduc est estimé à 35 millions d’euros par son opérateur finlandais.
La question a été évoquée à haut niveau diplomatique : le président finlandais Alexander Stubb en avait parlé avec le dirigeant chinois Xi Jinping lors d’une visite d’État en 2024.
La région de la Baltique reste en état d’alerte face aux risques de sabotage depuis une série d’incidents touchant câbles, gazoducs et réseaux électriques. Plusieurs gouvernements européens ont évoqué des actions hybrides, accusations rejetées par Moscou, qui dénonce une guerre de l’information menée par l’Occident.