L’exploitation illégale de l’or continue de prospérer en Amazonie brésilienne malgré les opérations de répression lancées par le président Luiz Inacio Lula da Silva, selon une enquête publiée par Greenpeace.
L’organisation environnementale affirme que des milliards de dollars d’or sont encore extraits clandestinement dans la forêt amazonienne grâce à des systèmes de fraude permettant de masquer l’origine illégale du métal précieux.
Dès son retour au pouvoir en 2023, Lula avait promis d’éradiquer l’orpaillage illégal sur les terres indigènes et dans les zones protégées, après plusieurs années d’expansion de cette activité sous la présidence de Jair Bolsonaro. Les autorités brésiliennes avaient notamment saisi un record de 447 kilos d’or illégal l’an dernier.
Mais la hausse historique des prix de l’or, alimentée par les tensions géopolitiques mondiales, semble avoir renforcé l’attractivité de ce commerce clandestin. Selon Greenpeace, les réseaux miniers se sont adaptés aux contrôles en utilisant des « permis fantômes » délivrés dans des régions où aucune activité minière réelle n’existe.
L’organisation a étudié 187 zones forestières disposant de permis d’exploitation accordés par l’Agence nationale des mines du Brésil (ANM), à proximité de territoires indigènes et de réserves protégées. D’après l’enquête, 98 de ces zones ne présentaient aucun signe d’activité minière, suggérant que les autorisations serviraient uniquement à blanchir de l’or extrait illégalement ailleurs en Amazonie.
Les images aériennes captées par Greenpeace dans la municipalité d’Itaituba montrent d’importantes zones déforestées et creusées par les chercheurs d’or, au cœur de l’Amazonie brésilienne.
Des responsables indigènes, notamment des représentants du peuple Kayapo, ont dénoncé les conséquences environnementales et humaines de cette activité illégale, qui provoque pollution des rivières, destruction de la forêt et violences dans certaines régions isolées.
Greenpeace critique également le gouvernement brésilien, estimant que les efforts actuels restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène et à la capacité des réseaux clandestins à contourner les contrôles officiels.
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