À Hong Kong, le procès du magnat des médias Jimmy Lai entre dans sa phase finale avant le verdict
À Hong Kong, le procès du magnat des médias Jimmy Lai entre dans sa phase finale avant le verdict

La Haute Cour de Hong Kong a achevé mardi les audiences consacrées aux plaidoiries en atténuation dans le procès pour atteinte à la sécurité nationale visant le magnat des médias Jimmy Lai, marquant la dernière étape avant la fixation de sa peine. Cette affaire, suivie de près par la communauté internationale, dure depuis plusieurs années et cristallise les tensions autour de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin.

Pendant deux jours, les avocats de Jimmy Lai et de huit autres accusés, dont d’anciens cadres du journal pro-démocratie aujourd’hui disparu Apple Daily, ont plaidé pour des sanctions plus clémentes. La date du prononcé de la sentence n’a pas encore été annoncée. L’un des juges, Alex Lee, a souligné la complexité du dossier, évoquant de nombreuses questions juridiques et des enjeux de droit importants à trancher.

Âgé de 78 ans, Jimmy Lai a été reconnu coupable le mois dernier de deux chefs d’accusation de complot en vue de collusion avec des forces étrangères, ainsi que d’un complot visant à publier des documents séditieux, en vertu de la loi sur la sécurité nationale. Le tribunal a estimé qu’il avait coopéré avec des individus et des responsables étrangers dans le but de provoquer la chute du Parti communiste chinois. L’intéressé a rejeté l’ensemble des accusations, se présentant comme un prisonnier politique persécuté par Pékin.

Le procès, ouvert en décembre 2023, a attiré l’attention de nombreux diplomates étrangers, notamment de la Grande-Bretagne, de l’Union européenne et des États-Unis, présents lors de l’audience. Les autorités hongkongaises affirment pour leur part que Jimmy Lai a bénéficié d’un procès équitable et que la loi sur la sécurité nationale a permis de rétablir la stabilité dans la ville après les grandes manifestations pro-démocratie de 2019.

Les avocats des autres accusés ont insisté sur le rôle limité de certains d’entre eux afin d’obtenir des peines réduites. Toutefois, le juge Lee a rappelé que ce type d’infraction pouvait relever de la catégorie des peines les plus lourdes prévues par la loi, allant de dix ans de prison à la réclusion à perpétuité. La question du degré de responsabilité individuelle reste donc centrale dans la détermination des sanctions.

La santé de Jimmy Lai constitue également un élément majeur du débat public. Détenu depuis plus de 1 800 jours, dont une longue période à l’isolement, il n’a pas soumis de lettre d’atténuation, selon sa famille. Celle-ci dénonce une dégradation de ses conditions de détention, tandis que des appels internationaux à sa libération se multiplient. Le département des services correctionnels de Hong Kong n’a pas réagi aux accusations concernant son traitement en prison.

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