TNT: le pari très risqué de l’Arcom avec Ouest-France. Le projet n'est toujours pas viable à quelques mois de son lancement
Ouest France TV

C’est une information qui tombe mal pour l’Arcom, déjà critiquée pour sa décision controversée de ne pas renouveler la fréquence TNT de C8. Selon Valeurs Actuelles, le dossier Ouest-France, choisi pour remplacer la chaîne de la TNT, vacille dangereusement. Le lancement de la nouvelle chaîne généraliste, censée prendre le relais, se heurte à de sérieux obstacles, à commencer par un financement toujours incomplet. À quelques semaines de l’échéance, le groupe Ouest-France chercherait encore à combler un trou de 20 millions d’euros sur un budget annuel estimé à 40 millions. Assez pour envisager de faire appel, en urgence, au milliardaire breton François Pinault.

Le 16 juillet 2024, cinq dirigeants du groupe avaient pourtant défendu avec conviction, devant l’ARCOM, un projet structuré autour de cinq piliers : un talk-show quotidien centré sur les invisibles de la société, des formats de divertissement adaptés du numérique, des captations de concerts, un journal télévisé, ou encore des soirées cinéma accompagnées de débats. Sur le papier, une grille ambitieuse. Dans les faits, un chantier toujours à moitié construit.

Des négociations avec François Pinault

Face à cette impasse financière, François-Xavier Lefranc, président du directoire d’Ouest-France, aurait donc entamé des négociations avec François Pinault. Ce dernier pourrait entrer au capital de la future chaîne jusqu’à hauteur de 49%.

Problème, une question juridique reste en suspens : un investisseur comme Pinault peut-il entrer dans le capital d’une chaîne TNT sans avoir lui-même été auditionné par l’Arcom ? En l’état, la réponse semble être non. Cela impliquerait une nouvelle autorisation de l’autorité de régulation, contrainte de valider l’arrivée d’un acteur qu’elle n’avait pas choisi au départ.

La «promesse» d’Emmanuel Macron ne pourra pas être tenue

Lors d’une intervention en février dernier, Emmanuel Macron avait assuré que les 400 personnes licenciées de C8, auxquelles il faut ajouter ceux de et NRJ 12, pourraient retrouver un emploi au sein de la nouvelle chaîne Ouest-France TV.

Or, cette dernière venant d’annoncer que, pour des raisons budgétaires, les 58 embauches initialement prévues seraient réduites à 35, les belles paroles du président, qui laissait entendre que les salariés de C8 et NRJ 12 pourraient s’y retrouver grâce à Ouest-France TV, tombent évidemment à l’eau. Si tant est que quelqu’un dans le milieu y ait jamais cru…

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