Pascal Praud, animateur de L’Heure des pros 2 sur CNews, a vivement réagi aux plaintes déposées par France Télévisions et Radio France contre son média, Europe 1 et le Journal du Dimanche pour « dénigrement ». Ces actions, engagées devant le tribunal des activités économiques, interviennent alors que les deux groupes publics ont jugé que certains contenus médiatiques excédaient le simple débat d’opinions et constituaient une forme de concurrence déloyale.
Une réponse cinglante
Dans son intervention, Pascal Praud a souligné que les critiques dont sont l’objet CNews et Europe 1 vis-à-vis de l’audiovisuel public sont souvent des réactions à des attaques dirigées contre ces médias. « S’ils attaquent, on va attaquer (…) Et, je vous le dis, on va s’amuser sur le dénigrement », a-t-il déclaré, affirmant que cette dynamique de riposte fait partie du fonctionnement du débat médiatique.
L’animateur a également critiqué ce qu’il considère comme une incohérence de la part des chaînes publiques, citant la préparation par France 2 d’un numéro de Complément d’enquête consacré à CNews, tout en engageant parallèlement une action en justice pour dénoncer des propos de dénigrement. « Franchement si j’étais Mme Ernotte, je demanderais qu’ils attendent la fin de la procédure judiciaire pour le diffuser », a-t-il ajouté, mettant en avant le caractère contradictoire de cette situation.
Pascal Praud a également dénoncé un clip diffusé sur France 5, dans lequel le chroniqueur Bertrand Chameroy se moque de CNews. Selon lui, la vidéo présente de manière dénigrante Elisabeth Lévy, chroniqueuse de CNews, en insinuant qu’elle serait alcoolique en raison de sa voix éraillée. « C’est vraiment dégueulasse. Et bien sûr, on s’en prend à une femme… », a-t-il précisé, insistant sur la dimension personnelle et sexiste qu’il attribue à ce type de moquerie.
Le service public mal placé pour donner des leçons
Ce différend survient dans un climat tendu depuis septembre, à la suite de l’affaire Legrand‑Cohen. Les deux journalistes du service public avaient été filmés en train de pactiser avec des membres du PS. Pour noyer le poisson, France Télévisions et de Radio France ont saisi le régulateur de l’audiovisuel pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une campagne de dénigrement au ton excessif et déséquilibré.
Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, a de son côté dénoncé les intentions de la galaxie médiatique de Vincent Bolloré, l’accusant de vouloir affaiblir l’audiovisuel public. De son côté, le patron de CNews, Serge Nedjar, a jugé que ces accusations manquaient de mesure et de responsabilité.