La confrontation entre l’audiovisuel public et les médias du groupe Bolloré franchit une nouvelle étape. Radio France et France Télévisions ont assigné devant le Tribunal de commerce de Paris CNews, Europe 1 et le Journal du Dimanche, tous trois appartenant à l’homme d’affaires Vincent Bolloré. Selon Le Figaro, les deux groupes publics reprochent à ces médias des pratiques de « dénigrement », un motif pouvant constituer une concurrence déloyale.
La tension entre les deux camps s’était déjà cristallisée à la rentrée, après la diffusion d’une vidéo mettant en scène les journalistes Grégoire Legrand et Margaux Cohen en conversation avec deux responsables du Parti socialiste, et accusés de connivence politique. Cette affaire, largement relayée par les médias, avait entraîné de vives polémiques et des critiques croisées, notamment sur France Télévisions et Radio France, accusées par certains de partialité.
Une plainte stratégique pour protéger l’audiovisuel public
Selon les informations du Figaro, la semaine dernière, Radio France et France Télévisions ont déposé plainte contre CNews, Europe 1 et le JDD pour des faits de dénigrement. Les deux groupes ont agi après concertation, estimant que les articles et reportages des médias de Vincent Bolloré portaient atteinte à leur image et pouvaient influer sur la concurrence dans le secteur audiovisuel.
Pour France Télévisions, il s’agit de protéger l’intégrité de ses journalistes et de ses contenus, tout en répondant aux attaques répétées de certains médias privés. De son côté, Radio France souligne l’importance de garantir un traitement médiatique équitable, sans distorsion ou amalgame pouvant nuire à la réputation du service public.
Selon France Télévisions et Radio France, cette action en justice ne vise pas à restreindre la liberté de la presse, mais à sanctionner des pratiques jugées « déloyales » et nuisibles pour le service public, dans le respect des règles de concurrence et de transparence.
Le Tribunal de commerce de Paris examinera dans les semaines à venir cette plainte pour dénigrement, qui pourrait poser des précédents dans les relations entre médias publics et groupes privés en France.