Procès au Canard enchaîné : soupçons d’emploi fictif pour 1,5 million d’euros
Procès au Canard enchaîné : soupçons d’emploi fictif pour 1,5 million d’euros

Le tribunal correctionnel de Paris ouvrira ce mardi un procès inédit visant deux anciens dirigeants du Canard enchaîné, un ex-dessinateur et sa compagne. Tous sont soupçonnés d’avoir organisé ou profité d’un emploi fictif au sein du célèbre hebdomadaire satirique. Le préjudice est estimé à 1,5 million d’euros entre 2010 et 2022. Parmi les prévenus figurent Michel Gaillard, ancien président du journal, et Nicolas Brimo, son successeur.

Une affaire déclenchée en interne

L’affaire a été révélée en 2022 par Christophe Nobili, journaliste au Canard, qui a porté plainte après avoir découvert que la compagne du dessinateur André Escaro aurait perçu un salaire pendant 25 ans sans jamais avoir travaillé pour le journal. Escaro, âgé de 97 ans, affirme qu’elle l’assistait moralement et techniquement dans la réalisation de ses caricatures. La direction du journal aurait validé cet arrangement après sa retraite.

Ce scandale a provoqué une crise sans précédent dans la rédaction, entre accusations de dissimulation et règlements de comptes. Nobili, auteur du livre Cher Canard, a été visé par une tentative de licenciement, finalement annulée. Il a depuis obtenu la condamnation de Gaillard et Brimo pour discrimination syndicale, tandis que l’hebdomadaire a tenté de riposter avec des plaintes sans suite.

Le procès, prévu sur quatre jours, pourrait écorner durablement l’image d’un journal qui se veut irréprochable en matière d’éthique et d’intégrité.

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