Hier, la Cour des comptes a publié un rapport édifiant détaillant la situation financière catastrophique de France Télévisions, dirigée par Delphine Ernotte, révélant des pratiques salariales élevées et des avantages sociaux généreux au sein du groupe public, dont les finances sont dans un état critique.
Des salaires bien plus élevés que dans l’audiovisuel privé
Le rapport souligne que le salaire moyen brut annuel à France Télévisions s’élève à 73 690 euros, bien au-dessus de la moyenne du secteur culturel (48 900 euros) et de l’audiovisuel privé (66 700 euros). De plus, près de 1 000 salariés sur un total de 8 825 perçoivent des rémunérations supérieures à 100 000 euros annuels. Cette concentration des hauts salaires est notable, avec environ 15,5% des salariés captant plus de 28% de la masse salariale totale.
Primes exceptionnelles et avantages en nature
En 2025, un budget de 1,2 million d’euros est alloué aux primes exceptionnelles et aux primes d’intérim, destinées à récompenser l’implication des salariés dans les projets de transformation. Ces primes ne sont pas incluses dans le calcul de la garantie individuelle à 5 ans pour les personnels techniques et administratifs.
Par ailleurs, la Cour des comptes met en évidence l’attribution de 53 véhicules de fonction à des cadres, avec des coûts unitaires variant entre 20 000 et 53 000 euros, représentant un coût total annuel de 1,7 million d’euros. Les 13 comités sociaux et économiques du groupe gèrent une enveloppe de 14,2 millions d’euros, couvrant notamment des activités de restauration.
Un accord collectif de 2013 en vigueur mais totalement obsolète
L’accord collectif signé en mai 2013 est pointé du doigt par la Cour des comptes pour sa rigidité. Il a introduit des classifications de métiers qui, selon l’institution, ne correspondent pas à la réalité du terrain, limitant la polyvalence des salariés et freinant l’évolution des compétences. La Cour recommande une renégociation de cet accord pour permettre une meilleure adaptation aux évolutions du secteur audiovisuel.
Une situation financière préoccupante
Malgré un chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros en 2024, France Télévisions affiche un déficit net de 81 millions d’euros, avec des capitaux propres ayant chuté de 294 millions d’euros en 2017 à 179 millions d’euros en 2025. La Cour des comptes alerte sur une situation financière « non soutenable sans réformes structurelles majeures ».
Une réforme structurelle est urgente
Face à ces constats, la Cour des comptes appelle à une réforme structurelle de France Télévisions, visant à améliorer la gestion des ressources humaines et à assurer la pérennité du service public audiovisuel. Cette réforme devrait inclure une révision de l’accord collectif, une meilleure organisation du travail et une adaptation des effectifs aux besoins réels de l’entreprise.
Ces révélations soulignent la nécessité d’une révision en profondeur de la gestion des ressources humaines et des pratiques salariales au sein de France Télévisions pour assurer sa viabilité financière et son efficacité opérationnelle à long terme.