Emmanuel Macron a démenti avoir jamais envisagé l’instauration d’un « label d’État » pour la presse ou la création d’un « ministère de la Vérité ». Le président de la République a affirmé que le gouvernement ne créerait aucun label destiné aux médias et que cela ne relèverait jamais de son rôle.
Une initiative de régulation très controversée
Depuis fin octobre, Emmanuel Macron a ouvert un chantier sur les risques que font peser les réseaux sociaux sur la démocratie. Parmi les pistes envisagées figurent l’abaissement de l’âge de la majorité numérique à 15 ans, l’application d’une plus grande transparence des algorithmes et la possibilité d’une action judiciaire en référé pour bloquer rapidement les « fausses informations » diffusées en ligne.
Dans ce cadre, un projet évoqué à Arras consistait en une « labellisation » confiée à des professionnels, visant à distinguer les sites et réseaux respectant les règles déontologiques des autres. L’Élysée a toutefois insisté sur le fait qu’il s’agissait d’initiatives propres à la presse, et non de décisions gouvernementales. Le président avait déjà souligné que si l’État se chargeait de déterminer ce qui constitue « une information », cela deviendrait une forme de dictature. Il a également mentionné une démarche similaire menée par l’ONG Reporters sans frontières via la Journalism Trust Initiative.
Critiques et réactions vives de l’opposition et des médias
L’annonce du projet de labellisation a déclenché une vague d’indignation. Le Journal du Dimanche a dénoncé une « dérive totalitaire » et évoqué un « ministère de la Vérité », référence au roman dystopique 1984 de George Orwell.
Certains médias et journalistes ont vivement critiqué l’initiative. Sur CNews, Pascal Praud a qualifié le projet de manifestation d’un « président mécontent du traitement médiatique et qui souhaite imposer un récit unique ». Cette prise de position s’inscrit dans le contexte des critiques d’Emmanuel Macron contre les « milliardaires » qui détiennent des médias et cherchent, selon lui, à influencer l’opinion.
De son côté, Jordan Bardella a dénoncé une « tentation autoritaire » visant à contrôler l’information.
Face à la pression, l’Élysée parle d’une méprise
Face aux accusations, l’Élysée a publié un message sur les réseaux sociaux, dénonçant la déformation des propos présidentiels par certains médias. Un proche d’Emmanuel Macron a exprimé son regret que des « figures de la droite » reprennent ces accusations sans vérifier les faits. Selon le gouvernement, la labellisation envisagée relève des médias eux-mêmes et non de l’État, dans le cadre d’une démarche recommandée en 2024 pour renforcer la confiance du public dans l’information.
L’Élysée affirme que le chantier engagé par le président concerne principalement la régulation de l’information en ligne, et non le contrôle direct de la presse. Problème : quand on connaît l’influence et l’importance des réseaux sociaux aujourd’hui, qui s’affirment plus que jamais comme un contrepoids essentiel face à des médias mainstream souvent partisans et adeptes de la désinformation et de la manipulation, une régulation de ces derniers, malgré leurs dérives qu’il faut aussi dénoncer, reviendrait ni plus ni moins à museler l’information… Et cela, personne n’est dupe !