Deux journalistes françaises (Mediapart, BFM, RMC) condamnées pour financement du terrorisme. (Capture d’écran RMC Découverte)
Deux journalistes françaises (Mediapart, BFM, RMC) condamnées pour financement du terrorisme. (Capture d’écran RMC Découverte)

Les deux journalistes françaises Édith Bouvier et Céline Martelet ont renoncé à faire appel, rendant définitive leur condamnation en première instance pour financement du terrorisme. Cette décision marque la fin d’une affaire judiciaire qui a fait couler beaucoup d’encre en France et suscité un débat sur les limites du journalisme en zones de conflit.

Une condamnation lourde mais avec sursis

Pour rappel, en mars 2024, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Édith Bouvier à 10 mois de prison avec sursis et Céline Martelet à 12 mois avec sursis simple. Les juges avaient estimé que les deux journalistes avaient dépassé les limites de leur profession en participant à des opérations financières visant à aider des djihadistes, même si leur intention était humanitaire.

Des journalistes expérimentées au cœur des zones de conflit

Édith Bouvier est une journaliste indépendante et réalisatrice de documentaires, spécialisée sur le Moyen-Orient. Elle a notamment couvert la Syrie et l’Irak, où elle a été blessée à Homs en 2012 lors d’un bombardement.

Céline Martelet, quant à elle, est une grand reporter ayant travaillé pour RMC et BFM, avec une expertise reconnue sur le terrorisme depuis 2013.

Toutes deux ont également collaboré avec Mediapart, contribuant à des enquêtes approfondies sur les conflits internationaux et les réseaux djihadistes. Ensemble, elles ont coécrit en 2018 un ouvrage sur les Françaises parties rejoindre l’État islamique.

Une opération humanitaire controversée

L’affaire découle de leur implication dans une opération visant à exfiltrer Mélina Boughedir, une djihadiste française bloquée à Mossoul avec ses quatre enfants en 2017. Selon les journalistes, l’envoi d’argent avait permis de sauver des vies, en collaborant avec un officier irakien corrompu. Aujourd’hui, Boughedir purge une peine de prison à perpétuité en Irak pour avoir rejoint Daesh.

Lors du procès, les deux journalistes ont affirmé qu’elles avaient agi par compassion et non pour soutenir le terrorisme. Elles ont reconnu avoir dépassé les cadres stricts de leur métier, mais ont insisté sur l’aspect humanitaire de leur intervention. Un argument que n’a pas reconnu le tribunal…

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