Delphine Ernotte attaque "CNews, chaine d'extrême-droite" mais passe sous silence le militantisme de France Inter (image : France inter)
Delphine Ernotte attaque "CNews, chaine d'extrême-droite" mais passe sous silence le militantisme de France Inter (image : France inter)

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a choisi d’attaquer frontalement CNews. Dans une interview au Monde publiée ce jeudi, elle a accusé la chaîne d’information de Vincent Bolloré d’être « une chaîne d’extrême droite » et « un média d’opinion ». Une déclaration inédite dans la bouche d’une dirigeante d’entreprise publique, et qui intervient en plein conflit entre l’audiovisuel public et le groupe Bolloré.

Ces propos contrastent avec la réalité de l’audiovisuel public, qui n’est pas épargné par les accusations de partialité. Radio France, la soeur de France télévision, et en particulier France Inter, donne chaque matin la parole à des chroniqueurs aux positions ouvertement marquées à gauche, voire à l’extrême gauche. Charline Vanhoenacker, Sonia Devillers ou encore Nicolas Demorand, ancien de Libération, assument régulièrement des prises de position militantes dans leurs billets d’humeur ou dans le ton de leur journalisme. Or, ces programmes sont financés par l’argent des Français.

Delphine Ernotte et Sibyle Veil, présidente de Radio France, ont été auditionnées mercredi par l’Arcom après la polémique dite « Legrand-Cohen », du nom des deux journalistes du service public filmés en pleine discussion avec des responsables socialistes. Pris la main dans le sac, ils discutaient de la meilleure stratégie pour faire gagner la gauche, relançant les accusations de collusion politique.

Pour la patronne de France Télévisions, l’offensive de CNews et d’Europe 1, deux médias du groupe Bolloré, viserait à « réclamer la privatisation » de l’audiovisuel public et à « en finir avec son indépendance ». Mais en désignant CNews comme « chaîne d’extrême droite », Delphine Ernotte prend le risque d’attiser encore un peu plus le bras de fer entre médias privés et service public, à moins de deux ans de la présidentielle de 2027.

Une différence de nature

L’accusation apparaît d’autant plus contestable que CNews, comme toute chaîne privée, vit de ses téléspectateurs et de ses annonceurs, et assume un ton éditorial tourné vers le débat. L’audiovisuel public, lui, est financé directement par l’impôt des Français, y compris de ceux qui ne partagent pas les opinions régulièrement exprimées par ses animateurs et éditorialistes. De quoi nourrir le sentiment d’un double standard : attaquer CNews pour son orientation, tout en taisant les penchants assumés de France Inter.

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