Crise chez Grasset, Virginie Despentes tacle Vincent Bolloré : "Ce n'est pas une guerre, c'est de la prédation."
Crise chez Grasset, Virginie Despentes tacle Vincent Bolloré : "Ce n'est pas une guerre, c'est de la prédation."

La romancière Virginie Despentes a pris la parole au sujet de la crise qui secoue les éditions Grasset après l’éviction d’Olivier Nora, président de la maison pendant vingt-six ans. Dans une intervention vidéo diffusée autour de l’émission La Grande Librairie, Virginie Despentes explique pourquoi elle a soutenu, avec plusieurs centaines d’autrices et d’auteurs, une pétition contestant la décision du groupe Hachette Livre, contrôlé par Vincent Bolloré.

« Ce n’est pas une guerre » : Virginie Despentes décrit un rapport de domination

« Ce n’est pas une guerre, c’est de la prédation. Si c’est le même mot que quand il s’agit de prédation sexuelle, c’est que c’est le même mécanisme: abuser de son pouvoir pour dépouiller l’autre de son humanité », déclare Virginie Despentes, qui refuse d’y voir une simple confrontation de pouvoir au sein du monde éditorial. Selon elle, le mécanisme à l’œuvre relève d’un abus de domination qui vise à déposséder les personnes visées de leur place, de leur légitimité et de leur humanité. Cette déclaration fait suite au mouvement de contestation né après le départ d’Olivier Nora, départ qui a provoqué de très fortes réactions parmi les auteurs publiés par Grasset et, plus largement, dans le secteur du livre.

Une autrice emblématique de Grasset face à un tournant historique

Autrice emblématique de Grasset, où elle a notamment publié Baise-moi, Vernon Subutex et Cher connard, Virginie Despentes occupe une place centrale dans cette séquence. Sa prise de position donne un poids particulier à la contestation, alors que la maison d’édition traverse l’une des plus graves crises de son histoire récente. De nombreux auteurs ont exprimé leur désaccord avec la nouvelle orientation imposée au sein du groupe.

La riposte à Vincent Bolloré après sa tribune dans Le Journal du dimanche

Virginie Despentes répond aussi aux arguments avancés par Vincent Bolloré dans une tribune publiée dans Le Journal du dimanche. L’homme d’affaires y dénonçait le « vacarme » provoqué par l’affaire et mettait en cause une « petite caste ». Virginie Despentes rejette cette lecture et conteste l’idée selon laquelle la colère exprimée dans le monde du livre serait celle d’un milieu social fermé ou privilégié. Elle estime au contraire que cette crise touche à la place même de la création littéraire dans l’espace public.

« La littérature n’appartient pas à la bourgeoisie »

Pour Virginie Despentes, la littérature n’appartient ni à une classe sociale ni à un entre-soi culturel. Elle rappelle que les auteurs, comme les lecteurs, viennent d’horizons multiples et que les librairies ne peuvent pas être réduites à des espaces réservés à une élite.

Virginie Despentes soutient enfin les initiatives engagées pour permettre à certains auteurs de récupérer les droits de leurs ouvrages publiés chez Grasset. L’objectif affiché est de pouvoir reprendre la maîtrise de leurs textes et, pour certains, de les dissocier d’un environnement éditorial qu’ils ne reconnaissent plus. Dans ce cadre, Virginie Despentes évoque aussi le souhait de plusieurs écrivains de ne pas voir leurs œuvres associées au même groupe que celui qui publie Jordan Bardella chez Fayard, autre maison relevant d’Hachette Livre.

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