X dans le viseur de la justice française : enquête sur des soupçons de manipulation d’algorithmes et de collecte illégale de données
X dans le viseur de la justice française : enquête sur des soupçons de manipulation d’algorithmes et de collecte illégale de données

La justice française a annoncé vendredi l’approfondissement de son enquête visant la plateforme X, anciennement Twitter, dirigée par Elon Musk. Le parquet de Paris a mobilisé la police pour enquêter sur des soupçons graves, portant notamment sur des abus d’algorithmes et une extraction frauduleuse de données, soupçonnant la société ou ses dirigeants d’en être responsables. Ces investigations pourraient donner lieu à des perquisitions, des écoutes, voire à des convocations ou mandats d’arrêt, selon les résultats des prochaines étapes de l’enquête.

Cette affaire met une nouvelle fois Elon Musk sous les projecteurs de la justice européenne. Ancien allié du président américain Donald Trump et défenseur affiché de certains partis d’extrême droite en Europe, Musk a déjà accusé les gouvernements du continent de restreindre la liberté d’expression. Les accusations actuelles pourraient renforcer les tensions entre Washington et les capitales européennes, sur fond de désaccord croissant concernant la régulation des contenus en ligne et la gouvernance des grandes plateformes numériques.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en janvier 2025, à la suite de plaintes déposées par un député et un haut fonctionnaire français. Ces plaintes évoquaient une possible ingérence étrangère via la plateforme X. Le 9 juillet, après l’analyse d’éléments fournis par des chercheurs et institutions publiques françaises, les autorités ont décidé d’impliquer la police dans l’enquête, visant l’entreprise en tant qu’entité juridique ainsi que plusieurs de ses responsables en leur nom propre.

Les faits reprochés relèvent de deux chefs d’accusation précis : « l’ingérence organisée dans le fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données » et « l’extraction frauduleuse organisée de données ». Autrement dit, la justice soupçonne X d’avoir manipulé intentionnellement ses algorithmes à des fins illicites, et d’avoir collecté des données personnelles de manière illégale et systématique.

La plateforme X n’a pour l’heure pas réagi aux sollicitations des médias. Si les charges sont confirmées, cette enquête pourrait marquer une étape majeure dans la volonté des autorités européennes de réguler les géants du numérique, accusés de manquements récurrents aux obligations légales en matière de transparence algorithmique et de protection des données.

Dans un contexte où les relations transatlantiques sont déjà fragilisées, notamment sur les questions de souveraineté numérique, cette procédure judiciaire illustre la volonté croissante des pays européens, dont la France en tête, de reprendre la main face aux grandes plateformes étrangères et de faire respecter les principes démocratiques dans l’espace numérique.

Partager