L’animateur américain Tucker Carlson, figure influente du courant conservateur, a annoncé samedi avoir réalisé une interview avec le président iranien Masoud Pezeshkian. L’entretien, mené à distance et avec l’aide d’un traducteur, sera diffusé dans les jours à venir, selon un message publié en ligne par l’ancien présentateur de Fox News.
Carlson a indiqué que la diffusion était prévue « dans un jour ou deux », le temps nécessaire au montage. Il n’a pas précisé les sujets abordés, mais cette annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu, quelques jours seulement après la fin d’un conflit armé de douze jours entre l’Iran et Israël, au cours duquel les États-Unis sont également intervenus militairement en bombardant plusieurs sites nucléaires iraniens.
Masoud Pezeshkian, élu président le mois dernier, est une figure modérée du paysage politique iranien. Ancien ministre de la Santé, il a succédé à Ebrahim Raïssi, décédé dans un accident d’hélicoptère en mai. Son arrivée au pouvoir a suscité un espoir de détente diplomatique chez certains observateurs, bien que la structure du pouvoir en Iran reste dominée par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
L’annonce de cette interview par Carlson suscite déjà des réactions. Partisan déclaré de Donald Trump et critique virulent de la politique étrangère américaine traditionnelle, Carlson a multiplié ces dernières années les interviews avec des dirigeants controversés, y compris le président russe Vladimir Poutine. Cette démarche, présentée par lui comme un contre-discours au « récit médiatique dominant », est perçue par ses détracteurs comme une tentative de légitimer des régimes autoritaires.
Aucun détail n’a encore été donné sur les plateformes de diffusion ni sur la durée de l’entretien. Toutefois, l’interview pourrait attirer l’attention internationale, à un moment où les relations entre l’Iran, les États-Unis et Israël restent extrêmement tendues, et où le programme nucléaire iranien, endommagé par les récentes frappes, reste un sujet de préoccupation majeure.
Dans un climat géopolitique chargé, cet échange inédit entre un président iranien nouvellement élu et un animateur américain conservateur pourrait offrir un aperçu rare de la position officielle de Téhéran, tout en attisant les polémiques sur le rôle des médias dans les relations internationales.