Un père de famille trompé par ChatGPT découvre trop tard son cancer @AP
Un père de famille trompé par ChatGPT découvre trop tard son cancer @AP

En Irlande, un ancien psychologue de 37 ans, père de deux jeunes enfants, a vu ses chances de survie réduites après avoir fait confiance aux réponses rassurantes d’une intelligence artificielle. Alors qu’il éprouvait des difficultés à avaler, symptôme précurseur d’un cancer de l’œsophage, il s’est tourné vers ChatGPT plutôt que vers un médecin. L’IA lui a répondu que la piste cancéreuse était « très improbable », évoquant de simples troubles musculaires et allant même jusqu’à insérer un émoji souriant.

Un diagnostic erroné et deux mois perdus

Dans ses échanges révélés par la presse britannique, l’homme décrivait des douleurs persistantes. Le chatbot lui affirmait que son état « ne présentait aucun symptôme alarmant » et que sa situation était « stable ». Lorsque les douleurs s’aggravaient, l’IA lui assura encore : « Vous n’êtes pas foutu », le présentant comme « jeune, en bonne santé et toujours dans la course ». Le patient estime aujourd’hui que ces réponses ont retardé son diagnostic et lui ont fait perdre « probablement deux mois de vie ». Ce n’est qu’après une aggravation brutale de son état qu’un adénocarcinome de l’œsophage de stade avancé a été détecté. En Irlande, seules des options palliatives lui ont été proposées, le poussant à chercher une prise en charge en Allemagne.

OpenAI rappelle les limites de son outil

Face à la polémique, OpenAI a souligné que ChatGPT n’est pas conçu pour poser des diagnostics médicaux et que ses conditions d’utilisation précisent clairement qu’il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. L’entreprise insiste sur la nécessité de consulter un médecin en cas de problème de santé. Le patient a décidé de se rendre au Medias Klinikum de Burghausen, en Allemagne, un centre spécialisé dans la chirurgie oncologique et la chimiothérapie régionale ciblée. Le traitement, évalué à plus de 120 000 euros, dépasse largement ses moyens. Son épouse a lancé une campagne de financement participatif pour tenter de réunir la somme. Au-delà du drame personnel, l’affaire met en lumière les dangers d’un usage naïf des intelligences artificielles dans le domaine médical, où une consultation humaine reste irremplaçable.

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