La colère des officines aura fini par payer. Mercredi 24 septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la suspension pour trois mois de l’arrêté publié en août qui plafonnait les remises commerciales sur les génériques. Contestée depuis cet été, la mesure réduisait de 40 % à 30 % le niveau maximal de ces remises, avec une trajectoire prévue jusqu’à 20 % d’ici 2027.
Une victoire provisoire pour la profession
Pour la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), syndicat majoritaire, cette décision représente « une victoire d’étape ». L’organisation rappelle que ces marges conditionnent en partie l’équilibre économique des officines, en particulier dans les territoires fragiles. Leur réduction aurait menacé, selon elle, de nombreuses pharmacies rurales déjà en difficulté. Le gouvernement a confié à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et à l’Inspection générale des finances (IGF) la mission d’évaluer le modèle économique du secteur. Leurs conclusions devraient orienter de nouvelles propositions dans les prochains mois.
Un rôle renforcé pour les pharmaciens de proximité
En échange de ce sursis, les représentants de la profession se sont engagés à élargir la prise en charge des patients. Dans près de 900 officines rurales, dépourvues de médecins généralistes, les pharmaciens pourront assurer davantage d’actes : diagnostics simples, prescriptions, renouvellements ou prolongations d’ordonnances, mais aussi soins de premier recours pour les « maux du quotidien ».
Un bras de fer suspendu
Depuis plusieurs semaines, les mobilisations s’étaient multipliées : fermetures ponctuelles d’officines, grève des gardes, refus du tiers payant. Les syndicats dénonçaient un risque de fermetures en cascade et d’aggravation des déserts médicaux. La suspension ne règle pas le fond du problème mais gèle temporairement la mesure. D’ici trois mois, l’exécutif et la profession devront s’entendre sur un nouveau compromis, dans un secteur en pleine mutation, partagé entre contraintes budgétaires et rôle accru dans l’accès aux soins de proximité.
Que retenir rapidement ?
La colère des officines aura fini par payer. Mercredi 24 septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la suspension pour trois mois de l’arrê