Les rendements obligataires européens chutent sur fond d’inquiétudes commerciales
Les rendements obligataires européens chutent sur fond d’inquiétudes commerciales

Les rendements des obligations d’État de la zone euro ont reculé jeudi, surpassant leurs homologues américains, alors que l’aversion au risque s’est ravivée sur l’ensemble des classes d’actifs. Cela a poussé les investisseurs à se tourner de nouveau vers les valeurs refuges européennes.

Le rendement des obligations allemandes à 10 ans a diminué de 5 points de base pour s’établir à 2,50 %, son niveau le plus bas depuis un peu plus d’une semaine. Ces obligations, considérées comme la référence pour la zone euro, ont été parmi les principales bénéficiaires des récentes turbulences du marché liées aux droits de douane, notamment en raison de certaines inquiétudes concernant les bons du Trésor américain, selon Reuters.

Le rendement allemand évolue actuellement à des niveaux similaires à ceux du début mars, avant l’annonce d’un tournant historique dans la politique budgétaire et d’emprunt de l’Allemagne, qui avait alors fait grimper les rendements au-delà de 2,9 %.

En revanche, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a peu changé, se maintenant à 4,32 % au cours de la journée, ce qui a élargi l’écart avec son équivalent allemand à 182 points de base, contre seulement 140 points au début du mois d’avril.

Le moral des marchés a fléchi jeudi après l’annonce par les États-Unis de nouvelles restrictions sur la vente de semi-conducteurs à la Chine, une décision qui a ravivé les tensions sur la scène commerciale mondiale et suscité des craintes d’une escalade supplémentaire du conflit commercial entre grandes puissances.

Le retour des valeurs refuges

Bien que les mouvements aient été modérés la semaine dernière, les marchés ont connu un recul des actions et une hausse des devises refuges, dans un contexte d’atténuation du calme relatif observé ces derniers jours, ce qui a ravivé l’attrait pour les obligations allemandes.

Dans une note, les analystes de la banque ING ont déclaré : « La stabilité relative des marchés de la zone euro par rapport aux États-Unis pourrait faire des obligations allemandes une valeur refuge attrayante pour se couvrir contre les incertitudes mondiales ».

Ils ont ajouté : « C’est pourquoi nous pensons que les obligations allemandes pourraient susciter une forte demande de la part des investisseurs mondiaux, en prévision de perturbations futures ».

En parallèle, la banque a indiqué que des responsables du gouvernement américain, préoccupés par les récents développements, cherchent à rassurer les marchés, en particulier celui des bons du Trésor. Ils ont cité les propos de Michael Faulkender, secrétaire adjoint au Trésor, qui a déclaré mardi que les autorités envisageaient d’éventuels ajustements à la règle du « ratio de levier supplémentaire », ce qui pourrait permettre aux banques d’acheter davantage de bons du Trésor.

Les regards tournés vers la BCE

La Banque centrale européenne (BCE) se réunit ce jeudi. Bien que les marchés anticipent une baisse de 25 points de base, l’attention se portera sur les déclarations des responsables concernant les droits de douane, et sur la possibilité qu’ils fournissent des indications supplémentaires sur le rythme de l’assouplissement à venir.

Les marchés intègrent actuellement la probabilité de deux baisses supplémentaires des taux d’intérêt cette année, en plus de celle attendue lors de la réunion en cours, et ce malgré une incertitude croissante liée à l’évolution encore floue des politiques douanières.

Il est difficile à ce stade d’estimer pleinement l’impact des droits de douane sur la croissance de la zone euro, ni la manière dont la baisse des prix du pétrole, le renforcement de l’euro ou une éventuelle augmentation des importations chinoises en cas d’isolement des marchés américains, influenceront l’inflation.

Sur les autres marchés obligataires européens, le rendement des obligations italiennes à 10 ans a baissé de 4 points de base pour s’établir à 3,69 %, tandis que le rendement des obligations allemandes à 2 ans – plus sensibles aux variations des taux d’intérêt – a reculé de 4 points de base à 1,73 %.

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