Le prix du pétrole chute et Wall Street frôle un record, porté par l’espoir d’une désescalade entre Israël et l’Iran
Le prix du pétrole chute et Wall Street frôle un record, porté par l’espoir d’une désescalade entre Israël et l’Iran

Les marchés mondiaux ont connu un net rebond mardi, avec une forte baisse des prix du pétrole et des indices boursiers proches de leurs records historiques, portés par les espoirs que le conflit entre Israël et l’Iran ne perturbera pas l’approvisionnement mondial en brut. Cette détente sur les marchés intervient malgré des signaux indiquant que la trêve annoncée pourrait être remise en question sur le terrain.

À New York, le S&P 500 gagnait 0,7 % en matinée, s’approchant à seulement 1,2 % de son sommet historique de février, après avoir perdu près de 20 % au printemps. Le Dow Jones progressait de 277 points (+0,7 %) et le Nasdaq de 1 %, soutenus par le recul des prix de l’énergie et l’optimisme sur les taux d’intérêt.

Les plus fortes variations étaient visibles sur le marché pétrolier, où le baril de brut américain a chuté de 4,5 %, tombant à 65,43 dollars. Le Brent, référence internationale, reculait dans les mêmes proportions, à 67,35 dollars. Une baisse spectaculaire, d’autant plus que les prix sont désormais inférieurs à ceux observés avant le début des hostilités il y a près de deux semaines.

L’origine de ce recul : l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran par le président Donald Trump lundi soir. Bien que la trêve ait été partiellement violée dans la matinée de mardi, les investisseurs ont estimé que les risques pesant sur la production et le transport du pétrole, notamment via le détroit d’Ormuz, s’étaient atténués.

« Tant que le cessez-le-feu tient et qu’une solution durable est envisageable, les prix du pétrole pourraient continuer à baisser », a estimé Carsten Fritsch, analyste matières premières chez Commerzbank. La reprise progressive de la production par l’alliance OPEP+ renforce également cette perspective.

La baisse du pétrole a par ailleurs ravivé les anticipations d’un possible assouplissement monétaire aux États-Unis. Un pétrole moins cher pourrait réduire les pressions inflationnistes, donnant potentiellement à la Réserve fédérale une marge de manœuvre pour baisser ses taux. Deux membres de la Fed nommés par Trump ont d’ailleurs laissé entendre qu’une baisse pourrait être envisagée dès la prochaine réunion. Le président, de son côté, continue d’appeler à des taux plus bas pour soutenir l’économie.

Cependant, le président de la Fed, Jerome Powell, reste prudent. Dans un discours préparé à l’attention du Congrès, il a rappelé que la Banque centrale devait « attendre d’avoir une meilleure visibilité sur la trajectoire de l’économie » avant d’ajuster sa politique monétaire. Ce flou se reflète dans la stabilité des taux obligataires : le rendement des bons du Trésor à 10 ans est légèrement monté à 4,35 %, contre 4,34 % lundi soir.

Sur les marchés boursiers, les valeurs liées au tourisme et au transport ont particulièrement profité de la baisse du pétrole. L’opérateur de croisières Carnival a bondi de 9,4 % après avoir publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, grâce à une forte demande et à des dépenses élevées à bord. Norwegian Cruise Line a progressé de 6 %, United Airlines de 4,2 % et Delta Air Lines de 3,7 %.

Les places européennes et asiatiques ont également enregistré des hausses significatives : les indices en France, en Allemagne, au Japon, à Hong Kong (+2,1 %) et en Corée du Sud (+3 %) ont tous grimpé d’au moins 1 %, portés par l’optimisme entourant la trêve israélo-iranienne et le reflux des tensions géopolitiques.

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