La livre sterling recule face au dollar, mais se renforce contre l’euro et le yen après l’accord sino-américain
La livre sterling recule face au dollar, mais se renforce contre l’euro et le yen après l’accord sino-américain

LONDRES — La livre sterling a chuté lundi face à un dollar en pleine forme, atteignant son plus bas niveau en quatre semaines à 1,318 USD, dans un contexte de regain d’optimisme mondial après la signature d’un accord tarifaire « surprenant » entre les États-Unis et la Chine. Cette détente commerciale a ravivé l’appétit pour le risque sur les marchés financiers, tout en provoquant une revalorisation du billet vert.

Dans le même temps, la devise britannique s’est raffermie face à l’euro et au yen. L’euro a reculé de 0,3 % pour s’établir à 84,33 pence, son plus bas niveau depuis plus de cinq semaines, tandis que la livre a gagné 1 % par rapport au yen, atteignant 195,31 JPY. Cette dynamique illustre la sensibilité de la livre aux mouvements de marché liés au sentiment de risque, en comparaison avec des monnaies refuges plus stables comme le yen japonais ou le franc suisse.

Le marché a été influencé par la décision conjointe des États-Unis et de la Chine de réduire temporairement leurs tarifs douaniers. Washington ramène ses droits sur les importations chinoises de 145 % à 30 %, tandis que Pékin abaisse les siens de 125 % à 10 %, un geste salué comme un signal fort de désescalade après des mois de tensions commerciales. Cette nouvelle a entraîné une hausse des actifs risqués, tout en renforçant le dollar, soutenu par les anticipations de maintien des taux directeurs de la Réserve fédérale.

Du côté britannique, la livre reste soutenue par des perspectives commerciales plus favorables et une Banque d’Angleterre jugée « relativement agressive », malgré sa récente décision de baisser les taux d’intérêt d’un quart de point. La division au sein du comité de politique monétaire de la BoE sur cette baisse reflète les incertitudes persistantes liées à l’impact des politiques commerciales internationales, notamment celles initiées par Donald Trump.

Le Royaume-Uni a récemment signé deux accords commerciaux majeurs, avec les États-Unis et l’Inde, renforçant son positionnement dans les échanges mondiaux post-Brexit. Ces avancées diplomatiques seront au cœur du sommet UE–Royaume-Uni prévu le 19 mai, lors duquel le Premier ministre Keir Starmer espère négocier un nouvel accord de défense et des améliorations dans les échanges commerciaux avec le bloc.

En parallèle, une série d’indicateurs économiques britanniques attendus cette semaine — emploi mardi, PIB et production industrielle jeudi — pourrait orienter les attentes sur la prochaine décision de la Banque d’Angleterre. Si les signes de ralentissement économique se confirment, la pression pourrait croître pour de nouvelles baisses de taux, mais certains membres de la banque, comme la vice-gouverneure Clare Lombardelli, appellent à la prudence, attendant des preuves plus solides de la désinflation.

En somme, la livre sterling reste prise entre vents contraires : d’un côté, un environnement commercial en amélioration et des perspectives diplomatiques favorables, de l’autre, la puissance retrouvée du dollar et les incertitudes sur l’orientation monétaire à court terme.

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