Menacé d’extradition par l’Algérie, Kamel Daoud annule sa venue en Italie
Menacé d’extradition par l’Algérie, Kamel Daoud annule sa venue en Italie

Il devait participer à un grand festival littéraire à Milan, mais Kamel Daoud a préféré annuler. L’auteur franco-algérien, prix Goncourt 2024 pour Houris, craint d’être arrêté à son arrivée à l’aéroport puis extradé vers Alger, où il fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux. Son tort ? Avoir publié un roman qui dérange le régime, évoquant les blessures de la décennie noire et brisant la chape de silence voulue par le pouvoir.

Un écrivain pourchassé, une Europe silencieuse

Depuis la sortie de Houris, interdit en Algérie, Kamel Daoud est dans le viseur du régime de Tebboune. Plusieurs plaintes ont été déposées, dont une pour « violation de la loi sur la réconciliation nationale », un texte liberticide datant de 2005. L’écrivain est aussi accusé d’avoir inspiré un personnage de son roman d’une femme réelle, ce qu’il conteste fermement. Craignant une interpellation similaire à celle que subit encore Boualem Sansal, emprisonné depuis novembre 2024, Daoud a préféré renoncer à sa tournée en Italie… et aussi en Chine.

La justice italienne aurait accepté de le livrer à Alger, selon le Corriere della Sera. Une complaisance européenne dénoncée par ses soutiens : « Où va l’Europe si elle ne protège plus ses écrivains ? » s’interroge le journaliste Arnaud Benedetti. Kamel Daoud, naturalisé français depuis 2020, reste pour l’instant protégé tant qu’il ne quitte pas le territoire.

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