Goncourts de printemps 2026 : Romain Lemire, Alice Renard et René Depestre parmi les lauréats
Goncourts de printemps 2026 : Romain Lemire, Alice Renard et René Depestre parmi les lauréats

L’Académie Goncourt a dévoilé ce mardi 5 mai son palmarès de printemps, qui couronne chaque année quatre œuvres dans des catégories distinctes — premier roman, nouvelle, biographie et poésie. Ces prix sont décernés par le même jury que le célèbre Goncourt d’automne, la plus prestigieuse récompense littéraire française.

Clément, témoignage sur l’inceste, remporte le Goncourt du premier roman

C’est le livre le plus attendu de ce palmarès. Clément, publié en avril au Cherche-Midi, vaut à son auteur Romain Lemire — comédien, chanteur et pianiste — le Goncourt du premier roman. Le récit, écrit avec les mots d’un enfant, raconte les viols que son père lui a infligés, ainsi qu’à ses frères, dans la France des années 1980. « Vers 45 ans, je me suis senti résilient. J’étais en quelque sorte stabilisé et je me suis dit : maintenant je peux. Je peux donc je dois. Chaque récit individuel alimente un récit collectif et politique, à ma manière, je voulais y participer », confiait l’auteur à Libération le 29 avril 2026. Le Goncourt de la nouvelle revient quant à lui à Alice Renard pour Peaux vives (Héloïse d’Ormesson), un court recueil de neuf monologues intérieurs écrit à 19 ans, avant son premier roman La Colère et l’Envie. « Je prends le cliché au moment où ça s’agite. Et ces personnalités en métamorphose, j’invite le lecteur à les essayer, comme autant de nouvelles peaux », expliquait-elle au Figaro littéraire.

Huysmans et René Depestre honorés en biographie et en poésie

Le Goncourt de la biographie Edmonde Charles-Roux est attribué à Agnès Michaux pour son Huysmans vivant (Le Cherche-Midi), près de 700 pages consacrées à l’auteur d’À rebours et à la Belle Époque qu’il traversa — un ouvrage déjà couronné par le prix Sade. Enfin, le Goncourt de la poésie Robert Sabatier récompense l’ensemble de l’œuvre du poète franco-haïtien René Depestre, né en 1926 et bientôt centenaire. Figure de la littérature engagée, ami de Jorge Amado, Pablo Neruda et Aimé Césaire, il déclarait au Figaro littéraire : « Je considère mon œuvre poétique comme une réussite. D’un livre à l’autre, je crois avoir fait preuve d’originalité, notamment dans les plus récents poèmes sortis du bois. » Par ailleurs, le prix de la Closerie des Lilas, à jury et lauréates exclusivement féminins, a récompensé Vanessa Caffin pour Le corset (Héloïse d’Ormesson), décrit comme « une enquête familiale qui sort de l’ombre ces générations de femmes corsetées par les convenances ».

Partager

Communauté

Commentaires

Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.