Avec des chiffres au plus bas depuis quatre ans, l’édition française a traversé une année 2024 morose. En recul sur presque tous les fronts, le secteur voit sa production diminuer et sa fréquentation baisser, en raison notamment de la montée en puissance du livre d’occasion et d’un intérêt déclinant, notamment chez les jeunes lecteurs.
Un marché en recul sur tous les plans
En 2024, les éditeurs français ont vu leur chiffre d’affaires tomber à 2,90 milliards d’euros, soit une baisse de 1,5 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit du niveau le plus faible depuis 2020, année marquée par les longues fermetures de librairies durant la crise sanitaire. Sur le plan des volumes, 426 millions d’exemplaires ont été vendus, un chiffre en baisse de 3,1 % par rapport à 2023 et de 12,4 % comparé à 2021, une année de forte activité.
La production elle aussi recule : 36 232 nouveaux titres ont été publiés, soit près de 19 % de moins qu’en 2019. Le Syndicat national de l’édition évoque un « rétrécissement du marché », accentué par plusieurs freins structurels : l’essor rapide du livre d’occasion, qui détourne les lecteurs des nouveautés, la baisse du montant alloué au Pass Culture et une désaffection générale pour la lecture, particulièrement marquée chez les jeunes générations.
La littérature, seul secteur en croissance
Dans ce contexte difficile, un seul segment parvient à progresser : la littérature. Elle affiche une hausse de 5,7 % de son chiffre d’affaires et représente désormais 24 % du marché total. Ce dynamisme s’explique par le succès renouvelé des romans policiers, la popularité croissante de la romance, ainsi que la vitalité du format poche.
À l’inverse, la bande dessinée, la littérature jeunesse, les sciences humaines et sociales ou encore les livres pratiques subissent tous un repli, allant de −0,7 % à −5 %. La tendance semble se prolonger en ce début d’année 2025, avec une poursuite du déclin sur la majorité des segments, à l’exception notable de la littérature. Le président du SNE alerte aussi sur les difficultés à faire traduire les auteurs francophones à l’étranger, soulignant la nécessité d’un engagement plus fort pour faire rayonner la création française au-delà de ses frontières.