Au douzième jour d’audience devant la cour d’appel de Paris, le parquet général a annoncé sans ambiguïté qu’il demanderait « des peines d’inéligibilité » à l’encontre des prévenus dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, au premier rang desquels Marine Le Pen. Les réquisitions, appelées à durer près de six heures, constituent un moment clé de ce procès en appel, alors que l’ancienne candidate à l’Élysée joue, en filigrane, sa capacité à se présenter en 2027.
Les deux avocats généraux, Thierry Ramonatxo et Stéphane Madoz-Blanchet, ont estimé que les faits relevaient non d’une « dérive administrative » mais d’« une organisation structurée », visant selon eux à « capter une partie du budget du Parlement européen au profit du parti ». « Des peines d’inéligibilité seront bien requises », a affirmé l’un d’eux, en précisant vouloir « confirmer très largement la responsabilité pénale de l’ensemble des prévenus ».
Le ministère public a également dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie de « délégitimation de la justice » après le jugement de première instance. « Laisser croire que la justice pourrait s’opposer à la volonté du peuple souverain est inexact. Le juge est le gardien de la loi », a rappelé le parquet, en réponse aux critiques politiques qui avaient suivi la condamnation prononcée le 31 mars.
En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à quatre ans de prison dont deux avec sursis, 100.000 euros d’amende et surtout cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. La décision de la cour d’appel, attendue dans les prochaines semaines, aura donc des conséquences directes sur l’avenir politique de la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale.