Procès en appel de Marine Le Pen: «On avait le sentiment de n’avoir commis aucun délit.» AP
Procès en appel de Marine Le Pen: «On avait le sentiment de n’avoir commis aucun délit.» (AP)

Le procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire dite des assistants parlementaires européens s’est ouvert mardi à la cour d’appel de Paris, dans une salle comble au palais de justice de l’île de la Cité. Ce second volet judiciaire fait suite à la condamnation en première instance de la cheffe du Rassemblement national pour détournement de fonds publics, dans un dossier susceptible de remettre en cause sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. 

Marine Le Pen, 57 ans, accompagnée de ses avocats, est arrivée peu avant l’ouverture de l’audience sans faire de déclaration aux journalistes, avant de prendre place au premier rang juste devant Louis Aliot, maire de Perpignan et coprévenu dans ce procès en appel. La première journée d’audience s’est déroulée devant une formation présidée par la magistrate Michèle Agi, avec des médias du monde entier présents depuis l’ouverture du palais de justice. 

Marine Le Pen a nié toute culpabilité

Devant la cour, Marine Le Pen a nié toute culpabilité, affirmant qu’elle n’avait « aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit ». Elle a déclaré : « Je veux qu’on sache qu’on avait le sentiment de n’avoir commis aucun délit quand en 2004, puis en 2009, puis en 2014, nous avons embauché des assistants, nous avons mutualisé ces assistants», insistant sur le fait que « le Parlement européen n’a pas joué son rôle d’alerte tel qu’il aurait dû le jouer ». Elle a également martelé : « Nous n’avons absolument rien dissimulé ni dans les contrats, ni dans l’organigramme… » et qu’elle souhaitait exposer ces arguments devant la cour. 

L’audience, qui avait débuté par une session plutôt technique, a connu plusieurs suspensions au cours de l’après‑midi. Après une interruption d’environ 25 minutes, la lecture de l’acte d’accusation a repris sous la présidence de Michèle Agi. La présidente a précisé que les demandes de renvoi et les éventuelles disjonctions seraient examinées demain, mercredi. 

Des enjeux politiques considérables

Pour rappel, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu Marine Le Pen coupable d’avoir orchestré un système de rémunération d’assistants pour son parti avec des fonds du Parlement européen entre 2004 et 2016. Elle avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux sous bracelet électronique, à une amende de 100 000 euros et à une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate. 

Marine Le Pen est rejugée avec le Rassemblement national et onze autres prévenus, dont plusieurs cadres du parti, pour détournement de fonds publics, au préjudice du Parlement européen. Parmi les condamnés en première instance, une partie n’a pas interjeté appel. 

Le calendrier de cette audience, qui devrait s’achever le 12 février, a été fixé de manière à permettre à la cour de rendre sa décision d’ici l’été 2026, avant la campagne présidentielle française. Cette échéance judiciaire intervient dans un contexte politique tendu, Marine Le Pen cherchant à renverser la peine d’inéligibilité qui, si elle était maintenue, compromettrait définitivement sa candidature en 2027. 

À 17h45, l’audience a été suspendue pour la journée et reprendra ce mercredi matin. Marine Le Pen a quitté le palais de justice sans faire de commentaires supplémentaires. 

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