Le Parquet a requis ce mardi une interdiction de cinq ans d’exercer un mandat électif à l’encontre de la dirigeante Marine Le Pen, lors de son procès en appel à Paris, ce qui pourrait l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
À noter que l’exécution provisoire n’a pas été requise.
Si la cour d’appel suit les réquisitions du parquet, Marine Le Pen ne pourrait pas se présenter à l’élection présidentielle.
En revanche, en cas de pourvoi en cassation, l’exécution de la peine serait suspendue jusqu’à la décision de la Cour de cassation. Cette décision pouvant intervenir après l’élection, elle conserverait alors, dans ce cas, la possibilité de se présenter.
Âgée de 57 ans, Marine Le Pen cherche à faire annuler un jugement rendu en mars 2025 qui l’a reconnue coupable de détournement de fonds du Parlement européen dans le cadre de l’embauche d’assistants entre 2004 et 2016. Les procureurs accusent Marine Le Pen d’avoir été à la tête d’un « système » destiné à « siphonner » des fonds publics européens au profit de son parti.
Les procureurs ont également requis à son encontre un an d’assignation à domicile sous bracelet électronique ainsi qu’une amende de 100 000 euros.
Le verdict de la cour d’appel est attendu à une date ultérieure, possiblement avant l’été.
« Je ne m’attends jamais à une bonne surprise quand je mets les pieds dans une salle d’audience.«
L’un des procureurs, Thierry Ramonatxo, a déclaré mardi que le détournement présumé de fonds publics constitue « une atteinte très grave à la probité » ayant donné au parti « un avantage concret sous la forme d’économies substantielles réalisées au détriment du Parlement européen ».
Un autre procureur, Stéphane Madoz-Blanchet, a dénoncé « un système » mis en place par les dirigeants du parti. « Les actes de détournement de fonds publics ont été délibérément et soigneusement dissimulés », a-t-il affirmé.
Le procès en appel, qui concerne Marine Le Pen, 10 autres prévenus et le Rassemblement national en tant que personne morale, doit se poursuivre jusqu’à la semaine prochaine.
S’adressant aux journalistes dans la salle d’audience mardi, Marine Le Pen a déclaré : « Je ne m’attends jamais à une bonne surprise quand je mets les pieds dans une salle d’audience. Ce n’est pas moi qui décide. Je n’ai pas les cartes en main », a-t-elle ajouté.
Marine Le Pen était considérée comme l’une des favorites potentielles pour succéder au président Emmanuel Macron lors de l’élection de 2027, jusqu’au jugement de l’an dernier, qui a provoqué une onde de choc dans la vie politique française.