Video Games & Music à la Philharmonie : la bande-son du jeu vidéo entre dans le temple de la musique classique
Video Games & Music à la Philharmonie : la bande-son du jeu vidéo entre dans le temple de la musique classique

Peut-on fredonner un air de Super Mario sans jamais avoir tenu une manette ? Oui, et c’est précisément l’argument qui a conduit la Philharmonie de Paris à consacrer une exposition entière à la musique de jeu vidéo. Intitulée Video Games & Music, elle est visible du 2 avril au 1er novembre 2026 et a été conçue par la musicologue Fanny Rebillard et le journaliste spécialiste du jeu vidéo Jean Zeid. L’espace a été pensé comme un monde ouvert : cinq « biomes » scénographiques distincts, des recoins cachés, des easter eggs à débusquer en explorant, autant de clins d’œil à la structure même des jeux vidéo. Au total, 29 titres jouables jalonnent le parcours, des pionniers comme Simon (1978) aux phénomènes comme Guitar Hero, Just Dance ou Ocarina of Time.

Des bip-bip des années 70 aux partitions orchestrales : une histoire de contraintes et de créativité

Le parcours débute dans les laboratoires des années 1960 et les premières salles d’arcade, à l’époque où quelques impulsions électroniques devaient suffire à créer une atmosphère. « Au début des années 70, ils n’avaient presque rien, ça ne tient même pas sur un millième de smartphone, et ils arrivaient quand même à faire de la musique », confie Jean Zeid à 20 Minutes. Ces limitations ont engendré une esthétique 8-bits devenue culte. L’exposition retrace ensuite comment l’arrivée du CD-ROM au milieu des années 1990 a ouvert la voie aux enregistrements orchestraux, et comment des compositeurs comme Kōji Kondō (Super Mario, Zelda), Nobuo Uematsu (Final Fantasy) ou Masato Nakamura (Sonic) ont bâti un imaginaire sonore partagé à l’échelle mondiale. Le favori de Jean Zeid ? Hirokazu Tanaka, l’autre compositeur de Nintendo, auteur des musiques de Tetris et Mario Land sur GameBoy, qu’il apprécie pour « son petit côté outsider », toujours selon 20 Minutes. La particularité fondamentale de cet art reste son interactivité : « on ne trouve pas ça au cinéma ou dans les documentaires », souligne-t-il au même média.

Une influence qui dépasse largement le monde du jeu

L’exposition montre aussi comment la musique vidéoludique a irrigué la culture populaire au sens large. Des artistes comme Daft Punk, Jul, Orelsan ou Radiohead revendiquent cette influence, parfois discrète mais bien réelle. « Les musiciens sont souvent des joueurs. Cette musique les a imprégnés et elle irrigue leur travail », explique encore Jean Zeid à 20 Minutes. Des espaces sont consacrés à la demoscene et au chiptune, au rap, à l’électro, aux collaborations entre univers — jusqu’à la présence de Daft Punk dans Fortnite. Des consoles historiques, des artworks originaux, des œuvres d’artistes comme Invader et des installations sensorielles complètent le dispositif. Les six mois d’exposition seront rythmés par des concerts et des rencontres. « J’espère que les visiteurs ressortiront intrigués, qu’ils se diront qu’il y a beaucoup plus dans le jeu vidéo que les caricatures », conclut-il.

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