Toulon : le point sur le refus d’obtempérer de mercredi soir
Toulon : le point sur le refus d’obtempérer de mercredi soir

Mercredi soir, à Toulon, un refus d’obtempérer s’est transformé en séquence de violence rare, marquée par des tirs policiers, un agent blessé et une passagère grièvement touchée par balle. Les faits se sont déroulés peu après 19 heures, à la suite d’un contrôle routier qui a dégénéré, selon les éléments communiqués par le parquet. Une patrouille de police avait repéré un véhicule effectuant un dépassement jugé dangereux et circulant à vive allure. Les fonctionnaires ont tenté de procéder à un contrôle, mais le conducteur a refusé de s’arrêter et a poursuivi sa route, multipliant les manœuvres à risque. D’après le parquet de Toulon, la situation s’est rapidement tendue lorsque les policiers sont parvenus à se positionner à proximité du véhicule, sur son flanc gauche, afin de l’intercepter à pied. C’est à ce moment que le conducteur aurait tenté une manœuvre pour faire demi-tour. Son véhicule a alors percuté un policier, provoquant sa chute au sol. L’agent, légèrement blessé à la jambe gauche, se serait retrouvé en situation de danger immédiat, le véhicule se dirigeant à nouveau dans sa direction. Les policiers ont alors fait usage de leurs armes, ouvrant le feu à plusieurs reprises en invoquant la légitime défense.

Vingt tirs et une fuite interrompue

Malgré ces tirs, le véhicule n’a pas été immobilisé sur-le-champ. Il a repris sa fuite, suivi à pied par plusieurs policiers. Deux d’entre eux ont de nouveau tiré en direction de la voiture, portant à une vingtaine le nombre total de coups de feu échangés au cours de la séquence. Le véhicule a finalement été perdu de vue avant d’être retrouvé quelques minutes plus tard, à quelques centaines de mètres, par des effectifs de la brigade anticriminalité. À l’intérieur, les policiers ont découvert une femme âgée de 27 ans, installée à l’avant gauche du véhicule. Celui-ci étant équipé d’un volant à droite, la passagère se trouvait à proximité immédiate de la zone atteinte par les tirs. Elle a été transportée en urgence absolue à l’hôpital et opérée dans la soirée. Selon le parquet, son état a été jugé stable le lendemain, sans que son pronostic vital ne soit engagé. Le conducteur, quant à lui, avait pris la fuite à pied. Il a été interpellé vers 21h30 à proximité du domicile de la passagère blessée. Âgé de 44 ans, il présentait un taux d’alcoolémie de 0,60 milligramme par litre d’air expiré au moment de son interpellation.

Un profil judiciaire lourd et deux enquêtes ouvertes

Placée en garde à vue, la personne interpellée a été mise en cause pour tentative de meurtre sur des policiers, refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger délibérée d’autrui, vol du véhicule et non-assistance à personne en danger. Elle a reconnu l’essentiel des faits, tout en indiquant ne pas se souvenir avoir percuté un policier lors de la fuite. Le parquet a précisé que cet homme était très défavorablement connu de la justice, en France comme en Belgique. En 2017, il avait notamment été condamné à neuf ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Draguignan pour des faits de vols à main armée. Parallèlement à la procédure visant le conducteur, deux enquêtes distinctes ont été ouvertes. L’une a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale, chargée d’examiner les circonstances de l’usage des armes par les policiers, sous la qualification de violences avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique. Les policiers ayant tiré, placés en garde à vue dans l’immédiat, ont été remis en liberté le lendemain, tandis que les investigations se poursuivent. La seconde enquête, confiée à la police judiciaire du Var, porte sur l’ensemble des infractions reprochées au conducteur. Les autorités judiciaires doivent désormais établir avec précision le déroulé exact des faits et déterminer les responsabilités pénales, dans un dossier où se croisent refus d’obtempérer, usage des armes et blessures graves.

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