Marseille a été le théâtre d’un déploiement policier hors norme, avec une opération simultanée menée sur quinze points de deal répartis dans la ville. Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, 1 500 agents des forces de sécurité intérieure ont été engagés dans cette action coordonnée, appuyée par des équipes cynophiles, des unités drones et plusieurs services spécialisés. L’objectif affiché : frapper rapidement et massivement des réseaux dont l’ancrage territorial reste l’un des défis majeurs pour les autorités.
Une stratégie de choc pour saturer le terrain
Au cours de cette intervention, 79 personnes ont été interpellées et 211 individus contrôlés sur l’ensemble des secteurs visés. Les services de l’État estiment que ce type d’action désorganise, au moins temporairement, l’économie souterraine. Les autorités évoquent des « centaines de milliers d’euros » de manque à gagner pour les réseaux locaux, entre saisies, perturbation des ventes et impossibilité temporaire d’accéder aux lieux de transaction. L’opération ne s’est pas limitée aux consommateurs et aux vendeurs présents sur place : une vingtaine de commerces identifiés comme relais logistiques ou points d’appui ont été contrôlés en amont. Des procédures administratives ont été engagées, dont deux demandes de fermeture. Par ailleurs, trente interdictions de paraître ont été prononcées pour empêcher certains individus de revenir sur les lieux ciblés.
Un vaste bilan : stupéfiants, irrégularités, délits routiers
Sept conducteurs ont été verbalisés pour conduite sous stupéfiants, cinq amendes forfaitaires délictuelles ont été remises pour usage de drogue et quatorze personnes en situation irrégulière ont été recensées. Les équipes ont également relevé 36 délits routiers, sanctionnés par des amendes délictuelles. Les autorités affirment que ces actions, combinées aux saisies récentes, s’inscrivent dans une trajectoire de pression accrue sur les trafics : les quantités de cocaïne interceptées dans le département ont augmenté de 146 % entre 2024 et 2025.
Une ville marquée mais un phénomène en reflux partiel
Malgré ce durcissement, Marseille reste confrontée à la violence liée aux trafics. Dix-sept « narchomicides » ont été recensés depuis le début de l’année, un chiffre en recul par rapport aux années précédentes mais encore élevé au regard de la pression criminelle. Les autorités locales mettent en avant l’effet cumulatif des interventions, reposant à la fois sur la présence policière, le renseignement et les mesures administratives visant à entraver durablement les réseaux. Cette opération d’ampleur, qui s’inscrit dans une stratégie de harcèlement continu des points de revente, illustre la volonté de l’État de maintenir une pression constante sur un marché qui, malgré les coups portés, demeure l’un des plus lucratifs et structurés du territoire.