Le constructeur aéronautique européen Airbus a annoncé mercredi une révision à la baisse de son objectif de production pour l’A220, son plus petit avion de ligne, invoquant des contraintes industrielles persistantes. Cette décision intervient alors même que les résultats financiers du troisième trimestre ont dépassé les attentes des analystes, confirmant la solidité de la demande mondiale dans le secteur aérien.
Initialement, Airbus prévoyait d’atteindre un rythme de production de 14 appareils A220 par mois, mais l’entreprise vise désormais une cadence plus modeste de 12 avions par mois. Si le groupe maintient officiellement son objectif à long terme, aucune nouvelle date n’a été fixée pour l’atteindre. Cette prudence reflète les difficultés rencontrées par la chaîne d’approvisionnement, notamment dans la livraison de moteurs et de composants électroniques.
« Nous restons pleinement engagés sur le programme A220, mais il est important de garantir la stabilité industrielle avant d’envisager une accélération », a déclaré le directeur général Guillaume Faury. Il a souligné que la priorité d’Airbus était désormais d’améliorer la fiabilité de sa production et de renforcer la rentabilité de ce modèle, encore déficitaire depuis son intégration au portefeuille du groupe.
L’A220, conçu à l’origine par Bombardier et racheté par Airbus en 2018, s’impose progressivement sur le segment des vols régionaux et court-courriers. Avec une capacité de 100 à 150 sièges, il est prisé par les compagnies cherchant à réduire leurs coûts et leurs émissions de carbone. Le carnet de commandes reste solide, porté notamment par des clients comme Delta Air Lines, Air France et ITA Airways.
Sur le plan financier, Airbus a annoncé un chiffre d’affaires et un résultat d’exploitation ajusté supérieurs aux prévisions pour le troisième trimestre, confirmant la bonne santé globale du groupe. Toutefois, la direction a averti que la tension sur les approvisionnements et la hausse des coûts de main-d’œuvre pourraient continuer à peser sur la production dans les mois à venir.
Malgré ces obstacles, Airbus conserve une position dominante face à son rival américain Boeing, encore affecté par les retards du 737 MAX et les difficultés de certification de ses nouveaux modèles. Pour le groupe européen, le ralentissement temporaire du programme A220 apparaît donc comme une mesure de prudence dans un contexte de forte demande mais de pression logistique persistante.