BEYROUTH — L’armée libanaise a vivement condamné vendredi les frappes aériennes israéliennes menées dans la banlieue sud de Beyrouth, affirmant que de telles actions compromettent son rôle au sein du comité chargé de surveiller le cessez-le-feu conclu à l’issue de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Elle a prévenu qu’elle pourrait être contrainte de suspendre sa coopération si ces attaques se poursuivent.
Cette déclaration intervient quelques heures après que l’armée israélienne a visé plusieurs immeubles dans la banlieue sud de la capitale libanaise, affirmant que ceux-ci abritaient des installations souterraines du Hezbollah dédiées à la fabrication de drones. Les frappes, qui ont eu lieu à la veille de l’Aïd al-Adha, faisaient suite à un avertissement israélien demandant l’évacuation de certains bâtiments ciblés.
Selon l’armée libanaise, des patrouilles avaient été envoyées dans les zones visées dès réception de l’avertissement afin de les inspecter. Mais Israël aurait rejeté toute tentative de coordination par l’intermédiaire du comité chargé de surveiller la trêve.
Ce comité, piloté par les États-Unis, regroupe le Liban, Israël, la France, les États-Unis ainsi que les forces de maintien de la paix de l’ONU au Liban (FINUL). Il a été mis en place après la fin de la guerre de quatorze mois entre Israël et le Hezbollah, conclue par un accord en novembre dernier.
« Les violations répétées de l’accord par l’ennemi israélien et son refus de coopérer avec le comité sapent le rôle de celui-ci et celui de l’armée », a indiqué le communiqué de l’armée libanaise. Elle a averti qu’elle pourrait « geler sa coopération en matière d’inspection des positions » si la situation persistait.
Depuis la fin officielle des hostilités, Israël mène presque quotidiennement des frappes ciblant des positions supposées du Hezbollah, principalement dans le sud du pays mais aussi à Beyrouth, comme cela a été le cas à plusieurs reprises ces derniers mois.
Le conflit avait débuté le 8 octobre 2023 lorsque le Hezbollah avait lancé des roquettes contre Israël en soutien au Hamas à Gaza. Ce qui avait commencé comme une escalade limitée s’était transformé, en septembre 2024, en une guerre totale ayant coûté la vie à plus de 4 000 personnes au Liban, dont plusieurs centaines de civils. Depuis le cessez-le-feu, les frappes israéliennes auraient encore fait 190 morts et 485 blessés, selon le gouvernement libanais.
Face à la pression intérieure et internationale croissante, certains appellent le Hezbollah à abandonner son arsenal. Mais le groupe chiite affirme qu’il ne le fera que si Israël cesse ses frappes et se retire des cinq points frontaliers qu’il occuperait toujours dans le sud du Liban. Le Hezbollah soutient en outre qu’il a respecté les termes du cessez-le-feu en retirant sa présence militaire au sud du fleuve Litani.