Shein visé par une plainte collective en France
Shein visé par une plainte collective en France

Les fédérations du commerce français ont décidé de porter l’affaire devant la justice, estimant que l’implantation de Shein sur le marché national pose un problème structurel qui ne cesse de prendre de l’ampleur. L’initiative réunit un large front d’organisations professionnelles et une centaine de marques qui jugent que la plateforme chinoise profite d’un environnement réglementaire plus souple que celui imposé aux acteurs installés en France. Elles considèrent que ce modèle crée une distorsion durable au détriment du commerce local et fragilise leurs propres activités, ce qui les conduit aujourd’hui à demander réparation. L’offensive judiciaire, annoncée mi-novembre, s’inscrit dans un climat où les accusations visant Shein se multiplient, qu’il s’agisse de pratiques commerciales contestées, de doutes sur la conformité des produits ou de tensions avec les distributeurs français confrontés à l’expansion du géant asiatique.

Un front commun inédit contre la plateforme

Les organisations professionnelles avancent que le fonctionnement de Shein reposerait sur le non-respect des règles encadrant les entreprises opérant sur le territoire français, ce qui alimenterait un déséquilibre croissant entre les acteurs traditionnels et la plateforme chinoise. Douze fédérations représentatives du commerce, de l’habillement, des industries textiles, de la bijouterie, du jouet, de la franchise ou encore de la distribution en ligne ont uni leurs forces pour enclencher une action en concurrence déloyale. Elles ne sont pas seules, puisqu’une centaine d’enseignes du commerce et du textile ont décidé de rejoindre la procédure afin de montrer qu’elles entendent défendre un marché jugé affaibli par la montée en puissance du géant du e-commerce. Les groupes impliqués affirment vouloir rétablir une concurrence qu’ils estiment déséquilibrée depuis plusieurs années, en avançant que la plateforme bénéficierait de conditions qui ne s’appliquent pas à leurs propres activités. Selon leur avocat, une audience d’organisation se tiendra à Aix en Provence le 12 janvier, une étape préalable à la fixation d’un calendrier pouvant mener à une audience de plaidoirie plus d’un an plus tard, compte tenu de la complexité de l’affaire.

Une réponse ferme de la plateforme

Shein, qui se défend en expliquant que l’action engagée ne reposerait sur aucun fondement solide, affirme que cette procédure s’apparenterait davantage à un boycott déguisé qu’à un recours juridique argumenté. Le groupe avance que l’initiative se heurterait à l’esprit du droit français et européen de la concurrence, conçu selon lui pour encourager l’innovation et garantir le libre choix des consommateurs. Cette étape judiciaire intervient alors que la plateforme était déjà surveillée par les autorités, notamment après l’annonce du ministère de l’Économie qui avait enclenché une procédure visant à contrôler davantage la conformité des produits vendus en ligne. Cette mesure n’avait toutefois pas abouti à une suspension, l’administration considérant que les articles mis en cause ne figuraient plus sur le site, tout en maintenant une vigilance renforcée. La bataille engagée ouvre désormais une séquence judiciaire appelée à durer, dans un contexte où la présence de Shein sur le marché français continue de susciter de fortes réactions parmi les acteurs du secteur.

Que retenir rapidement ?

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