Le gouvernement chinois appelle les entreprises à mieux cibler les consommateurs âgés, dans l’espoir de stimuler une économie affaiblie par le ralentissement de la consommation et la crise immobilière.
Pékin a publié depuis le début de l’année au moins 20 directives officielles visant à promouvoir la « silver economy », un marché en plein essor tiré par les besoins et les dépenses des plus de 60 ans. Cette catégorie d’âge, qui devrait atteindre 400 millions de personnes d’ici 2035, représente déjà une force économique considérable, avec un pouvoir d’achat supérieur à celui des générations précédentes.
L’exemple de Wang Shuyun, une retraitée de 78 ans vivant à Pékin, illustre cette tendance. Ces derniers mois, elle a dépensé 8 000 yuans (environ 1 115 euros) en voyages, services de santé et loisirs, montrant que les seniors urbains n’hésitent plus à consacrer une part croissante de leurs revenus à leur bien-être et à leur confort.
Les autorités espèrent que les secteurs du tourisme, de la santé, de la technologie et des services à la personne sauront s’adapter à cette demande. Le vieillissement rapide de la population, conséquence de la politique de l’enfant unique et de l’allongement de l’espérance de vie, fait peser une lourde pression sur le système social et la croissance du pays.
La « silver economy » est ainsi présentée comme une lueur d’espoir pour relancer la consommation intérieure, dans un contexte où la jeunesse chinoise dépense moins, notamment en raison du chômage élevé et de l’incertitude économique.
Pour Pékin, ce marché représente autant une nécessité sociale qu’une opportunité commerciale, dans un pays où les seniors deviennent, de plus en plus, les moteurs cachés de la consommation.