Vol massif de pièces détachées chez Stellantis : deux intérimaires interpellés à Vesoul @wikipedia commons
Vol massif de pièces détachées chez Stellantis : deux intérimaires interpellés à Vesoul @wikipedia commons

Depuis la mi-octobre, les 2 000 ouvriers du site Stellantis de Poissy (Yvelines) sont placés en chômage partiel. La ligne de production du SUV Opel Mokka, seul véhicule encore assemblé en Île-de-France, est à l’arrêt pour trois semaines. Une suspension d’activité qui symbolise le déclin de l’industrie automobile dans la région, autrefois berceau des grandes marques françaises.

Une filière en perte de vitesse

Chaque jour, quelque 420 véhicules sortaient des chaînes de Poissy, avant que la baisse des ventes du Mokka ne conduise la direction à stopper temporairement la production. Pour les syndicats, cette pause pourrait annoncer un virage durable. Jean-Pierre Mercier, représentant Sud Stellantis, redoute une « catastrophe sociale » pour les sous-traitants et équipementiers de la région. « Ce sont des milliers d’emplois qui vont disparaître. On fait une croix sur la production industrielle en Île-de-France », a-t-il averti. Le site de Poissy est désormais le dernier bastion de l’assemblage automobile dans la région. L’usine Citroën d’Aulnay-sous-Bois, fermée en 2014, avait déjà marqué une étape dans le recul de la filière. Quant au site Renault de Flins, il a cessé de produire des véhicules neufs après plus de 70 ans d’activité, pour se reconvertir dans le reconditionnement de voitures d’occasion. Mais cette transition s’est traduite par une division par deux des effectifs.

Une industrie trop coûteuse pour la région capitale

Produire des véhicules à proximité de Paris est devenu économiquement difficile. Les coûts du foncier, des salaires et de la logistique y sont nettement supérieurs à ceux d’autres régions industrielles. « En Île-de-France, les contraintes sont plus fortes : le prix du terrain, la densité urbaine, les normes environnementales… Les sites consomment des hectares et deviennent difficilement viables », résume l’analyste automobile Arnaud Aymé.

Poissy entre incertitudes et projets immobiliers

Alors que la direction de Stellantis engage des études géotechniques sur le site, une partie du terrain pourrait être concernée par le projet de nouveau stade du PSG. Pendant les trois semaines d’arrêt, plus de 200 forages doivent être réalisés pour en vérifier la faisabilité technique. Pour les syndicats, l’enjeu dépasse la nostalgie industrielle : « Ce qui compte, c’est qu’il y ait de l’emploi à la clé », souligne Brahim Aït Athmane, délégué FO. Reste que la symbolique est forte : Poissy, qui fut l’un des cœurs battants de l’automobile française, illustre aujourd’hui les difficultés croissantes d’une production locale confrontée à la mondialisation et à la mutation du secteur vers l’électrique.

Que retenir rapidement ?

Depuis la mi-octobre, les 2 000 ouvriers du site Stellantis de Poissy (Yvelines) sont placés en chômage partiel. La ligne de production du SUV Opel Mokka,

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