Washington sanctionne une experte de l’ONU pour ses critiques de la guerre israélienne à Gaza
Washington sanctionne une experte de l’ONU pour ses critiques de la guerre israélienne à Gaza

Les États-Unis ont imposé des sanctions contre Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les territoires palestiniens occupés, en réponse à ses critiques virulentes à l’encontre de l’offensive militaire israélienne à Gaza. Cette décision, rendue publique mercredi, suscite une vive controverse dans les milieux diplomatiques et parmi les défenseurs des droits de l’homme.

Francesca Albanese, juriste italienne de renom et experte indépendante désignée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a régulièrement dénoncé ce qu’elle qualifie de violations graves du droit international humanitaire par Israël depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Dans plusieurs rapports et interventions publiques, elle a évoqué des actions pouvant constituer des crimes de guerre, affirmant que les civils palestiniens payaient le plus lourd tribut du conflit.

Le département du Trésor américain a justifié ces sanctions en accusant Albanese de « diffamation persistante contre un allié stratégique » et de « partialité extrême » dans l’exercice de son mandat. Elle fait désormais l’objet de restrictions financières et de déplacements, une mesure rarissime pour un expert de l’ONU.

Cette initiative intervient quelques semaines après que Washington a également sanctionné quatre juges de la Cour pénale internationale (CPI), à la suite de mandats d’arrêt émis contre des responsables israéliens. Ces mesures reflètent l’opposition grandissante de l’administration Trump à ce qu’elle perçoit comme une politisation des institutions internationales au détriment d’Israël.

Les critiques n’ont pas tardé. Plusieurs ONG et experts des droits de l’homme ont dénoncé une atteinte grave à l’indépendance du système onusien. Dans un communiqué conjoint, des rapporteurs spéciaux de l’ONU ont exprimé leur « profonde inquiétude » face à ce qu’ils qualifient de tentative d’intimidation à l’encontre de leurs collègues, affirmant que « sanctionner un expert pour avoir fait son travail est inacceptable ».

De son côté, Francesca Albanese a déclaré qu’elle ne se laisserait pas dissuader par des mesures politiques, affirmant que son devoir restait de « rendre compte objectivement de la situation sur le terrain, en particulier du sort des civils ». Elle a également souligné que l’indépendance des experts onusiens était « essentielle à la crédibilité du système international des droits de l’homme ».

Cette affaire alimente les tensions déjà vives entre les États-Unis et plusieurs organes des Nations Unies, alors que la guerre à Gaza continue d’avoir des répercussions diplomatiques et humanitaires majeures à l’échelle mondiale.

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