Washington réclame des sanctions de l’ONU contre des navires liés à des livraisons de charbon nord-coréen vers la Chine
Washington réclame des sanctions de l’ONU contre des navires liés à des livraisons de charbon nord-coréen vers la Chine

Les États-Unis ont annoncé mercredi leur intention de demander au Conseil de sécurité des Nations Unies de sanctionner plusieurs navires identifiés comme ayant transporté du charbon et du minerai de fer nord-coréens vers la Chine, en violation directe des sanctions internationales imposées à Pyongyang pour ses programmes nucléaires et balistiques.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité, James Byrne, directeur de l’Open Source Network, un centre d’analyse basé au Royaume-Uni, a présenté un rapport détaillant les activités de plusieurs navires soupçonnés de contrevenir aux résolutions de l’ONU. Parmi les navires cités figurent l’Armani et le Sophia battant pavillon tanzanien, le Cartier et le Casio sous faux pavillon, ainsi que les Yi Li 1 et An Yu, opérant sans pavillon. Byrne a souligné que ces navires utilisaient des techniques de « spoofing » sophistiquées, faussant leurs signaux de localisation pour masquer leurs véritables mouvements détectés par satellite en Corée du Nord.

La représentante américaine à l’ONU, Dorothy Camille Shea, a affirmé que Washington proposerait dans les prochains jours l’inscription de ces navires sur la liste noire du Comité 1718, chargé de surveiller les sanctions contre la Corée du Nord. Elle a également dénoncé l’attitude de la Russie, qu’elle accuse de « cynisme » pour avoir opposé son veto l’an dernier au renouvellement du mandat du groupe d’experts onusiens chargé de documenter les violations.

Shea a par ailleurs critiqué la Chine, accusée de « fermer les yeux » sur les activités de ses entreprises qui continueraient à importer illégalement du charbon nord-coréen, malgré l’assurance de Pékin de respecter les résolutions de l’ONU. La diplomatie chinoise a fermement rejeté ces accusations, dénonçant ce qu’elle considère comme des « diffamations » et des « prétextes » visant à justifier une présence militaire accrue des États-Unis en Asie.

L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassili Nebenzya, a défendu la coopération avec la Corée du Nord comme un « droit souverain » de la Russie, remerciant même Pyongyang pour « l’aide apportée ». De son côté, le représentant nord-coréen, Kim Song, a accusé les États-Unis de se livrer à un « comportement autoritaire et arbitraire » contraire aux principes de la communauté internationale.

Cette escalade rhétorique souligne les tensions croissantes autour de la mise en œuvre des sanctions contre la Corée du Nord, dans un contexte de brouillage des alliances et d’accusations croisées entre grandes puissances au Conseil de sécurité.

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