États-Unis : l’administration Trump lance une vaste opération d’expulsions dans l’Illinois @AP
États-Unis : l’administration Trump lance une vaste opération d’expulsions dans l’Illinois @AP

L’administration Trump s’apprête à accorder une dérogation temporaire à Teodoro « Teddy » Nguema Obiang, vice-président de la Guinée équatoriale et fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, afin de lui permettre de voyager aux États-Unis pour l’Assemblée générale des Nations unies et dans d’autres villes américaines. L’information a été confirmée par deux responsables américains sous couvert d’anonymat.

Cette mesure, valable un mois, constituerait une exception aux sanctions anticorruption qui frappent Obiang depuis plusieurs années. L’objectif, selon les responsables, serait de limiter l’influence grandissante de la Chine en Afrique de l’Ouest, notamment face à un projet de base navale chinoise sur la côte atlantique, et de renforcer les intérêts américains dans le secteur pétrolier et gazier du pays.

Nguema Obiang, qui supervise la défense et la sécurité de la Guinée équatoriale, est régulièrement épinglé pour son train de vie fastueux financé, selon plusieurs enquêtes, par le détournement massif des ressources publiques. En 2017, il a été condamné en France pour détournement de fonds publics et blanchiement, écopant d’une peine de prison avec sursis et d’une amende de 30 millions d’euros, assorties de la saisie de plusieurs biens de luxe. Aux États-Unis, il avait accepté en 2014 d’abandonner plus de 30 millions de dollars d’actifs, dont une villa à Malibu et une collection d’objets ayant appartenu à Michael Jackson.

En dépit de la richesse pétrolière et gazière de la Guinée équatoriale, environ 70 % de la population vit dans la pauvreté. Le régime du président Obiang, au pouvoir depuis 1979, est accusé de corruption systémique et d’autoritarisme.

La dérogation envisagée soulève des critiques, d’autant qu’elle contraste avec le durcissement des règles de visas imposées par Washington à d’autres délégations étrangères, dont celles des Palestiniens, de l’Iran et du Brésil. Elle permettrait toutefois au vice-président de voyager au-delà de New York, contrairement aux autorisations limitées accordées par le passé.

Selon les responsables américains, un refus de cette demande aurait risqué de détériorer les relations bilatérales et de pousser davantage Malabo vers Pékin ou Moscou. Le département d’État n’a pas souhaité commenter, et les autorités équato-guinéennes n’ont pas réagi.

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