Les États-Unis ont annoncé vendredi la levée des sanctions visant quatre proches de Milorad Dodik, le dirigeant nationaliste serbe de Bosnie, une décision immédiatement saluée par ce dernier, qui mène depuis plusieurs mois une campagne pour obtenir la fin des sanctions le concernant personnellement.
Le département du Trésor américain a indiqué que ces quatre personnalités — des responsables politiques et économiques liés à l’administration de Dodik — ont été retirées de la liste noire, sans toutefois préciser les raisons détaillées de cette décision. Washington a simplement évoqué « une réévaluation des mesures en place » dans le cadre de la politique américaine dans les Balkans.
Milorad Dodik, figure controversée de la République serbe de Bosnie (Republika Srpska), reste lui-même sous le coup de sanctions imposées par les États-Unis et le Royaume-Uni pour avoir entravé l’application des accords de Dayton, qui ont mis fin à la guerre de Bosnie (1992-1995). Plusieurs pays européens ont également pris des mesures similaires, accusant Dodik de promouvoir une ligne séparatiste menaçant la stabilité du pays.
Dans un communiqué, le leader serbe a qualifié cette levée de sanctions partielles de « pas positif vers la normalisation des relations avec les États-Unis ». Il a ajouté espérer que « la vérité finira par triompher » et que les sanctions à son encontre seront également levées.
Depuis plusieurs années, Milorad Dodik entretient des liens étroits avec la Russie de Vladimir Poutine, qu’il a rencontrée à plusieurs reprises, notamment en avril dernier à Moscou. Ces relations nourrissent l’inquiétude des chancelleries occidentales, qui redoutent un renforcement de l’influence russe dans les Balkans.
Pour Washington, cette décision semble s’inscrire dans une approche plus nuancée : encourager le dialogue tout en maintenant la pression sur Dodik lui-même. Une manière de tester la bonne volonté du dirigeant bosnien, sans pour autant relâcher la vigilance sur ses velléités indépendantistes.