Les États-Unis ont annoncé mercredi de nouvelles restrictions de visas visant plusieurs responsables d’Afrique, des Caraïbes et du Brésil, accusés par Washington d’entretenir des liens avec le programme cubain d’envoi de personnel médical à l’étranger. Le secrétaire d’État Marco Rubio a précisé que cette mesure s’inscrit dans la politique de fermeté adoptée par l’administration Trump à l’égard de La Havane.
Selon un communiqué de Rubio, le département d’État a révoqué les visas de Mozart Julio Tabosa Sales, haut fonctionnaire du ministère brésilien de la Santé, ainsi que d’Alberto Kleiman, ancien cadre de l’Organisation panaméricaine de la santé. D’autres responsables seraient également visés, originaires d’Afrique, de Cuba et de la Grenade, mais leurs noms n’ont pas été rendus publics.
Washington accuse ce programme cubain, connu sous le nom de « missions médicales », de constituer une forme d’exploitation de la main-d’œuvre, affirmant que les médecins et soignants envoyés à l’étranger ne bénéficient pas de conditions de travail équitables et que La Havane confisque une grande partie de leurs revenus. Les autorités américaines affirment vouloir mettre fin à cette pratique, qu’elles jugent abusive.
Le gouvernement cubain a dénoncé ces sanctions comme un prétexte « cynique » visant à priver l’île d’une importante source de devises étrangères. « La coopération médicale de Cuba se poursuivra », a réagi Johana Tablada, directrice adjointe des affaires américaines au ministère cubain des Affaires étrangères, sur le réseau X. Elle a accusé Marco Rubio de prioriser « le financement du génocide israélien en Palestine, la torture de Cuba et l’attaque contre les services de santé pour ceux qui en ont le plus besoin ».
Les pays caribéens concernés ont déjà rejeté par le passé les accusations américaines, défendant la valeur et l’impact de l’aide médicale cubaine sur leurs systèmes de santé. Malgré les critiques, Washington semble déterminé à étendre cette politique, qui s’ajoute à un ensemble plus large de mesures restrictives contre Cuba mises en place depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.