Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré jeudi qu’aucune information ne suggérait que l’Iran ait déplacé son uranium hautement enrichi afin de le protéger des récentes frappes aériennes menées par les États-Unis. Cette déclaration intervient alors que des doutes subsistent sur l’état réel du programme nucléaire iranien après l’opération militaire américaine.
Dimanche dernier, l’armée américaine a ciblé trois installations nucléaires iraniennes à l’aide de bombes pénétrantes de 30 000 livres, dans ce que l’administration Trump a présenté comme une offensive décisive visant à « anéantir » les capacités nucléaires de l’Iran. Les images satellites diffusées cette semaine ont montré une longue file de véhicules stationnés devant l’une des installations attaquées, alimentant les spéculations sur une éventuelle évacuation de matériel nucléaire avant les frappes.
Interrogé lors d’une conférence de presse tendue au Pentagone, Hegseth a affirmé : « Je n’ai connaissance d’aucun renseignement que j’ai examiné indiquant que les choses n’étaient pas là où elles étaient censées être, déplacées ou non. » Il a également reproché à certains médias de « nourrir une hostilité partisane » envers l’administration Trump, notamment en minimisant l’efficacité des frappes.
Le président Donald Trump, présent à Washington pour suivre l’évolution de la situation, a réagi dans la foulée aux propos de son secrétaire à la Défense. « Ils n’ont rien pu bouger. Il aurait fallu des semaines pour déplacer ce genre de choses », a-t-il déclaré aux journalistes, ajoutant que les services de renseignement avaient pleinement validé le ciblage des sites.
Pendant ce temps, des sénateurs américains ayant assisté à un briefing confidentiel sur l’opération ont déclaré qu’il était encore trop tôt pour évaluer avec précision l’ampleur des dégâts causés aux infrastructures iraniennes et à leur programme d’enrichissement d’uranium. Des experts s’accordent à dire que, même si certains équipements ont pu être détruits, l’Iran pourrait potentiellement relancer certaines de ses activités à moyen terme.
Ces déclarations interviennent dans un climat tendu entre Washington et Téhéran, à peine deux jours après la conclusion d’un cessez-le-feu fragile entre Israël et l’Iran, négocié avec la médiation américaine.