EXCLUSIF : Une décision surprise du Pentagone sur l’aide à l’Ukraine provoque chaos et confusion à Washington
EXCLUSIF : Une décision surprise du Pentagone sur l’aide à l’Ukraine provoque chaos et confusion à Washington

WASHINGTON – Une semaine seulement après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, une décision brutale prise par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a mis en lumière les dysfonctionnements internes de l’administration : sans avertir ni obtenir l’aval du président, Hegseth a ordonné la suspension de 11 vols militaires transportant des armes vers l’Ukraine. Résultat : confusion totale au sein des plus hautes sphères de la sécurité nationale et inquiétude des alliés européens.

L’ordre de Hegseth, communiqué verbalement au Commandement des transports américain (TRANSCOM), a stoppé net les livraisons de munitions depuis la base de Dover (Delaware) et celle d’Al Udeid aux Émirats arabes unis. Pendant plusieurs jours, responsables américains, ukrainiens et polonais se sont interrogés sur l’origine de cet arrêt soudain et ses implications pour l’aide militaire à Kiev. Finalement, les vols ont repris le 5 février, après une brève interruption.

Selon des sources proches du dossier, la décision de Hegseth faisait suite à une réunion dans le Bureau ovale le 30 janvier, où l’idée d’un gel de l’aide avait été évoquée, sans qu’aucune instruction ne soit donnée par Trump. Pourtant, la Maison-Blanche a ensuite affirmé que Hegseth avait agi en accord avec les souhaits du président, sans expliquer pourquoi d’autres responsables de la sécurité nationale n’étaient pas informés.

L’épisode a révélé un processus décisionnel désordonné et opaque. Des documents internes indiquent que l’annulation des vols a coûté plus de 1,6 million de dollars au Pentagone. Le flou autour de la chaîne de commandement et des intentions présidentielles a semé la consternation, notamment à Kyiv, où l’on peine à obtenir des réponses claires de la part de Washington.

Cette suspension a été interprétée par certains comme une tentative maladroite de créer un levier dans les négociations de paix avec Moscou. D’autres y voient le reflet d’un clivage idéologique grandissant au sein du Département de la Défense, où plusieurs proches de Hegseth, peu expérimentés et opposés à toute intervention étrangère, auraient influencé cette décision.

La reprise rapide des livraisons n’a pas apaisé les tensions. Selon plusieurs sources, c’est le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz qui a finalement annulé l’ordre de Hegseth. Waltz a depuis démissionné et devrait être nommé ambassadeur auprès des Nations Unies.

L’incident survient alors que les forces ukrainiennes, en difficulté dans l’est du pays, ont un besoin urgent de soutien militaire. Il illustre également les tiraillements au sein de l’administration Trump entre partisans d’un soutien à l’Ukraine, comme l’envoyé spécial Keith Kellogg, et défenseurs d’une ligne isolationniste incarnée par des figures proches du vice-président J.D. Vance.

Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, l’avenir de l’aide américaine semble plus incertain que jamais, pris en étau entre stratégie diplomatique, chaos administratif et luttes idéologiques internes.

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