Le commandant des forces armées danoises en Arctique a affirmé ne pas s’inquiéter des intentions des États-Unis concernant le Groenland, malgré les déclarations répétées du président Donald Trump évoquant la possibilité d’acquérir ce territoire stratégique. Dans une interview accordée à Reuters, Soren Andersen a assuré qu’il dormait « parfaitement bien la nuit », tout en soulignant la nécessité de renforcer la dissuasion contre d’éventuelles agressions russes dans la région.
Cette déclaration intervient quelques jours après la visite au Groenland du général américain Gregory Guillot, chef du United States Northern Command, en charge de la défense de l’Amérique du Nord. C’était la première fois que Guillot se rendait sur la base spatiale américaine de Pituffik, dans le nord-ouest du Groenland, depuis que la responsabilité du territoire est passée du commandement européen au commandement nord-américain.
Le Groenland, immense territoire autonome rattaché au Danemark, occupe une position stratégique sur la route la plus courte entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Il abrite notamment des installations clés pour le système d’alerte aux missiles balistiques des États-Unis. Dans ce contexte, les ambitions de Washington ont ravivé les spéculations sur une possible volonté de mainmise américaine sur l’île, d’autant que Donald Trump n’a jamais exclu cette idée, allant jusqu’à évoquer une acquisition par la force.
Lors d’une audition parlementaire récente, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, n’a pas nié l’existence de scénarios de contingence liés à une telle acquisition. Mais pour Soren Andersen, ces spéculations ne changent rien à la coopération militaire solide entre le Danemark et les États-Unis. « Militairement, nous travaillons ensemble, comme nous l’avons toujours fait », a-t-il déclaré.
En parallèle à cette visite, le Danemark a mené des manœuvres militaires d’envergure sur le sol groenlandais, avec la participation d’une frégate, de chasseurs F-16 et de forces spéciales, marquant l’une des plus importantes démonstrations de force dans la région depuis la Guerre froide. Andersen a ajouté que, si le Groenland n’était pas difficile à défendre sur le plan militaire, la présence et la dissuasion restaient essentielles pour prévenir toute agression, notamment de la part de la Russie.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte d’intérêt croissant pour l’Arctique, où les enjeux stratégiques, économiques et climatiques attisent la rivalité entre grandes puissances.