Un député allemand sous pression après une rencontre privée avec des proches de Poutine
Un député allemand sous pression après une rencontre privée avec des proches de Poutine

BERLIN — Une rencontre discrète à Bakou entre plusieurs responsables politiques allemands et des proches du président russe Vladimir Poutine suscite une vive polémique à Berlin, notamment autour de la participation de Ralf Stegner, membre influent de la commission parlementaire chargée de superviser les services de renseignement.

La réunion, tenue le 13 avril dans la capitale azerbaïdjanaise, a réuni d’anciens membres du « Dialogue de Saint-Pétersbourg », un forum germano-russe fondé en 2001 et officiellement dissous en 2021. Du côté russe figuraient notamment Viktor Subkov, ancien Premier ministre et président du conseil de surveillance de Gazprom, ainsi que Valery Fadeyev, président du Conseil des droits de l’homme de la Russie et sanctionné par l’Union européenne.

Parmi les quatre participants allemands figuraient, outre Stegner, Ronald Pofalla – ancien chef de cabinet d’Angela Merkel – ainsi que deux ex-ministres régionaux. Ils ont confirmé leur présence à cette réunion « privée », précisant dans un communiqué à Reuters qu’il ne s’agissait pas d’un événement secret, qu’aucun mandat public ne leur avait été confié, et qu’ils n’avaient reçu aucune rémunération pour leur participation.

Mais la nature confidentielle de cette rencontre, dans un contexte de guerre entre la Russie et l’Ukraine, a déclenché une avalanche de critiques. En particulier, l’implication de Stegner soulève des inquiétudes, car la commission parlementaire dont il est membre dispose d’un accès privilégié aux renseignements sensibles collectés par les services de sécurité allemands, notamment sur la Russie.

Konstantin von Notz, président écologiste de cette commission, a qualifié cette situation d’« inacceptable » et exigé des explications immédiates. Son collègue conservateur Roderich Kiesewetter a abondé en ce sens, tandis que Marie-Agnes Strack-Zimmermann, eurodéputée libérale, a jugé que Stegner ne devrait pas être reconduit dans ses fonctions : « Les personnes occupant un poste aussi important doivent être au-dessus de tout soupçon. Ce n’est pas son cas. »

Dans leur défense, les participants ont affirmé qu’un dialogue restait souhaitable, même en temps de conflit. « Parler même dans des moments de tension croissante est un principe fondamental d’une bonne politique étrangère », ont-ils soutenu. Mais alors que les relations entre l’Allemagne et la Russie sont au plus bas depuis l’invasion de l’Ukraine, ces explications peinent à apaiser les doutes sur l’opportunité et les implications de cette initiative parallèle.

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