Ukraine et Europe font front commun avant le sommet Trump-Poutine en Alaska
Ukraine et Europe font front commun avant le sommet Trump-Poutine en Alaska

À deux jours de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska, l’Ukraine et plusieurs dirigeants européens intensifient leurs efforts diplomatiques pour éviter qu’un accord de paix ne se fasse au détriment de Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, en déplacement à Berlin, a participé mercredi à une série de visioconférences orchestrées par l’Allemagne, réunissant notamment les chefs d’État et de gouvernement de la France, de la Grande-Bretagne, de la Finlande, de l’Italie, de la Pologne, ainsi que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.

Cette mobilisation intervient alors que Donald Trump a affirmé que toute solution mettrait nécessairement en jeu un échange de territoires entre Kiev et Moscou, une perspective jugée inacceptable par Zelenskiy et ses alliés européens. Ces derniers redoutent qu’un tel compromis n’aboutisse à la perte de près d’un cinquième du territoire ukrainien et ne renforce les ambitions expansionnistes du Kremlin vers l’ouest.

Depuis l’annonce du sommet, le président américain a toutefois cherché à tempérer les attentes, décrivant la rencontre avec Vladimir Poutine comme une « réunion de tâtonnement » visant à évaluer les possibilités de mettre fin à la guerre, qui dure depuis plus de trois ans et demi et a déjà coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes.

Pour Zelenskiy, céder du territoire équivaudrait à compromettre la sécurité de l’Ukraine et à créer un précédent dangereux. Il a réaffirmé que toute négociation sur les frontières devrait avoir lieu uniquement après un cessez-le-feu, et avec la participation pleine et entière de Kiev. Le président ukrainien a également insisté sur le fait qu’« une paix injuste ne saurait durer », prévenant que des concessions forcées risqueraient de relancer le conflit à court terme.

Les discussions de mercredi ont permis aux Européens et à l’Ukraine d’élaborer une position commune avant l’arrivée de Donald Trump et de son vice-président JD Vance lors de la réunion virtuelle. L’objectif : influer sur l’issue du sommet de vendredi et rappeler que toute solution durable doit respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Du côté russe, le message reste inchangé : Moscou n’a pas l’intention de revoir ses objectifs de guerre, ce qui laisse présager des négociations difficiles. Le sommet en Alaska s’annonce donc comme un moment décisif, mais aussi incertain, pour l’avenir du conflit et la stabilité en Europe.

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